SIS

 

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à florence SIS

 

 

 

30.10.2007

 

//.Fiona déposa ses lèvres sur les miennes, m’observa longuement.

Elle voyagea dans mon regard, plissa les lèvres de ses paupières et tomba amoureuse.

Nous étions là, seules, entièrement libres, arrivées à nous.

 

Fiona délia les rubans noués sous mes seins et je ne désirais plus qu’elle, ses doigts et ses mains, sa bouche et sa chaleur,

Ma langue, ses lèvres, ses seins, mes larmes, nos yeux et mourir ensemble.

 

Fiona est une beauté qui m’appartient.

 

Quand elle s’est éloignée pour quelques jours,

Elle savait vers où nous dérivions,

Amantes partagées.

 

//.Ma plus belle vie a été faite de chandelles vacillantes, de la nuit et de la neige, de toi et de ta peau,

De baies vitrées sur les éclairages de la ville dans le lointain, de l’hiver, de l’amour en chair sur un fond de musique complice,

Seules, nues dans un nuage de thé dansant.

Je t’aime.

 

//.Tes yeux flottaient dans un bien-être d’abandon où seule la chaleur de nos peaux parlait d’amour.

 

//.Nous dansions nues sur la route, nues sous la pluie.

 

//.Je voyageais dans un bus fait d’hommes en armes sur une route inconnue avec dans les oreilles cette musique lancinante qui m’envoyait tuer.

Nous étions armés jusqu’aux dents de nos années à peine sevrées d’un amour maternel noyé sur les corps de putes joyeuses.

Quand la nuit retire son droit au sommeil il reste du temps pour mourir entièrement.

 

//.Dans la nuit, ta voix dépose mon cœur sur les eaux de mes larmes.

Aujourd’hui, encore, seule, je te dépose des fleurs.

 

 

 

31.10.2007

 

//.Je deviens lentement une grand-mère de corps et d’âme, et peut-être d’écriture.

Sans dire un mot, je me retrouve habillée d’une pudeur nouvelle où le silence est de règle.

Elles me caressent d’un courant d’air, je suis seule.

 

//.Je comprends ma nudité, le souffle froid du vent de la pluie, mon corps en chaleur qui grelotte comme une poule mouillée.

Fragile, imbibée d’un amour qui ne demande qu’à vivre, déployé sur tes reins, sur ton visage, murmures dans la nuit.

Mon amour qui m’aimez.

 

//.On meurt souvent bêtement, cela a failli se vérifier aujourd’hui.

Couverte de quelques entailles profondes à la tête, ce soir, je suis heureuse d’écrire.

Plus que quelques jours et je saurai comment je suis cancéreuse.

 

//.Je ne sais pas pourquoi j’écris, certainement pour certains lecteurs ou lectrices.

Mais je n’écris pas pour tous les lecteurs, ils me font même, en général,

Peur.

 

//.J’admire ma femme,

Elle,

Seulement.

 

//.Nous étions au bord de la mer, par vent de tempête,

Et je songeais que le pire pour un écrivain est de croiser un lecteur,

De le lire.

 

//.Je me dis écrivain car j’ai fait des choix et ces choix sont les miens,

Qui m’appartiennent entièrement.

Je suis un écrivain dégagé.

 

 

 

1.11.2007

 

//.A 04:04, la nuit est noire comme l’intérieur d’une BMW.

Je suis devenue millionnaire sans trop le vouloir,

De la meilleure des manières : par moi-même.

 

//.J’ai gravé un profond cœur dans le béton encore frais avec nos initiales pour toujours,

Puérile, très amoureuse de ta beauté toute slave.

 

//.Vers six heures du soir, penchée à la fenêtre,

J’admirais le ballet des nuées d’étourneaux dansant dans le ciel au-dessus des platanes,

Tel des bancs de sardines,

Avant de se poser pour la nuit sur les cimes en piaillant.

 

//.Dans une carrière on est le forçat de son ambition.

 

//.La Mort à Venise : Le Mahler des uns fait le bonheur des autres.

 

//.Hier, deux chatons tendaient leur tête au-dessus d’un buisson, nous observaient tandis que leur mère se léchait au soleil, sur un banc voisin.

Puis, ils ont disparu, le noir, le plus curieux d’entre eux, tendant une dernière fois la tête à travers les barreaux d’une grille rouillée fermant l’entrée d’une cave.

 

//.Bâiller dans la nuit : cet appel à ta peau, à la chaleur de la couette, nues et blotties jusqu’à l’aube : 04:44

 

//.Feuille mourante, je m’approche de toi à pas feutrés, de velours, tremblante et suspendue, inquiète de l’automne qui s’est installé.

 

//.Conséquence d’une amie enrhumée, j’ai réussi le passage de la bise au baisemain qui m’a valu le sourire approbateur et complice d’Elle.

 

//.Il parait que les personnes qui ont rencontré Dieu, la plupart du temps, le cachent.

 

//.Dans la rue, les jours de parking gratuit, il est difficile de se garer.

 

//.Quand je suis heureuse, il m’est difficile d’être cruelle.

Quand je suis amoureuse, il m’est agréable d’être nue.

 

//.Elle a toujours désiré être dans ma vie et c’est pour cette raison pleine d’amour qu’elle est là,

Elisabeth, elle qui n’a pas lu une seule ligne de mes années d’écriture.

 

//.Depuis le massif de la Clape, sur le chemin de la Couleuvre, le panorama donne une idée de Milan au temps de Stendhal, de la vision lointaine de sa cathédrale.

 

 

 

2.11.2007

 

//.Chez nous, dans notre famille, le médecin ressemble le plus souvent à un fossoyeur.

Aussi, j’innove en prenant les devants.

 

Elisabeth joue les infirmières sévères pour mon plus grand bonheur.

C’est cela l’amour.

 

Elisabeth a les plus beaux yeux de la terre,

De grands yeux de sorcière.

 

//.Je drague les fonds de ma pensée à la recherche d’une écriture instantanée.

C’est là toute la vérité.

 

//.Certaines femmes, rares, te ressemblent tant que je les vois nues, croquantes et crues.

 

//.Manger à lisière du cru, quand le goût sort des bois.

 

//.L’art de déplacer un rendez-vous est de songer qu’il n’est pas fixé.

 

 

 

3.11.2007

 

//.Cette nuit.

Elle était presque chauve, vêtue d’un pull léger et d’une jupe écossaise rouge et noire, chaussée de rangers,

Avait environ vingt ans, recroquevillée contre le mur de brique de la berge, son chien assis à ses côtés, veillant sur elle.

L’air glacé me brûlait le visage.

- Vous n’avez pas froid ?

- Non, j’attends mon copain.

 

//.Brèves sexuelles

 

1 - Elle enfonça lentement l’épingle à nourrice dans son clitoris.

Quand il le lui faisait elle éprouvait une distanciation qui la dépossédait et qu’elle ne retrouvait plus.

 

2 - Elle s’était habituée à soigner son chien,

N’aurait jamais imaginé qu’il soit si facile d’en changer.

 

3 - Quand son amie passait la voir,

Elle descendait acheter du chocolat fondant qu’elle réchauffait pour s’offrir.

 

4 - Quand elle passait à la banque déposer ses chèques,

La caissière était toujours condescendante, jusqu’au jour où elle lut le nom de son amante.

 

5 - Elle avait offert son alliance à la fille qui l’avait remplacée dans le lit de son mari

Avant de la lui passer au doigt.

 

6 - Indépendante,

Elle ne dormait jamais seule.

 

7 - Elle passait ses journées devant ce qu’elle croyait être un gode.

Quand elle se décida, elle dévissa l’embout et l’eucalyptus, mêlé à la menthe, jeta un froid.

 

8 - Elle était heureuse d’aimer, son corps abandonné à son amour.

 

9 - Excitée, prête à jouir, elle ouvrit pourtant à la postière.

Il est des choses qu’une femme ressent.

 

//.Plus le trousseau est garni, plus la servitude est grande.

 

//.Dans l’après-midi nous étions au bord d’un lac préparé pour le printemps.

Nous étions bien à marcher dans l’automne avancé chargé de couleurs.

Ce bonheur simple des promenades en amoureuses.

 

La nuit nous a emmenées au cinéma voir un film japonais.

Hier soir, c’était un film allemand.

Quelques jours d’intimité avant lundi.

 

//.Chaque jour qui passe ressemble davantage à la rencontre avec un escargot.

Chaque fois que je me regarde, je suis en face d’un étonnant gastéropode.

 

 

 

4.11.2007

 

//.Le dimanche est un jour favorable pour se régénérer afin d’affronter la vie sociale de la semaine dont on ne sait jamais à avance l’ampleur de l’inattendu.

Parfois, le dimanche soir, les premiers appels de la forêt se font entendre, raisonnent dans une nuit fiévreuse où trouver le sommeil devient difficile.

 

//.Les critères de la cueillette d’autrui varient avec le temps, mais il est rare que le cueilleur change de verger et même, encore plus souvent, d’arbre.

 

 

 

6.11.2007

 

//.1999-6661 La distance temporelle relève de la métaphysique.

 

//.1998-8661 Chaussée de bottes de 1000 ans, j’étais devenue une chatte bondissante, gracieuse et souple, infiniment alerte.

Ce matin, je me sens bien, heureuse et libre, faite d’un diagnostic vital irréprochable.

Je suis une angoissée qui se porte bien.

 

//.Certains diront et d’autres disent.

 

//.S’ouvrir à l’heure de s’aimer.

 

//.J’ai parfois l’impression de fondre comme dans une piscine au printemps.

 

//.Être une plume sert parfois à écrire et écrire rarement à voler de ses propres ailes.

Aussi, les plus belles envolées sont-elles réservées au lyrisme et les poules au pot.

 

//.Quand elle attrape froid je m’enrhume, quand elle rit je pleure, quand elle jouit je jouis.

 

//.L’enseignement est un pot où pousse la graine d’un savoir plantée dans une terre de culture.

 

//.A l’aube, elle dore profondément, sa chevelure enflammée.

 

//.Ce soir, 23:32 est le visage de l’heure qui passe.

 

 

 

7.11.2007

 

//.Mon garagiste payé au noir s’extirpa de dessous la voiture qu’il vidangeait et me tendit son poignet en guise de main.

Avec son air italien qu’il entretient d’une fine moustache blanchie par l’âge et d’un embonpoint de baleineau,

Il m’invita à passer dans son petit réduit qui lui servait de bureau.

Au mur, toujours épinglé depuis sa parution, trône en bonne place une double page où je souris dans mon jeune âge, dénudée et docile, maintenue en chienne cloutée.

Attendrie, la larme à l’œil, j’ai tiré machinalement sur la fermeture Eclair du bleu de mon admirateur, extirpé de son slip moite le pénis encore flasque qu’il m’a appris à connaître au court de nos années de menus services échangés.

 

//.J’aime les hommes en général, surtout de la même famille.

 

//.A nos âges avancés, forcée de constater que vendredi, pour la première fois de notre vie, un ramoneur va nous rendre visite.

Tout cela pour que toutes les deux nous passions un week-end à l’américaine, devant la cheminée.

 

//.Je suis si ouverte que chaque jour je suis un peu plus fermée.

 

//.Tu t’es précipitée hors du bain dès le premier coup de sonnette et attendis ruisselante que je t’apporte le colis.

Excitée, tu es partie te sécher et, de retour avec tes yeux de bois vert enflammés, tes paupières rougies, tes lèvres suspendues, tes seins pointés,

Tu m’as arraché les boites plates où dormait la soie qui t’habilla.

Le soleil brillait et nous allions nous emporter, entourées de grandes glaces où nos regards se perdirent d’admiration.

 

//.Notre vie sur l’île est également occupée au puzzle d’une histoire qui se recompose lentement, de proche en proche,

Avec des pièces arrachées au silence discret de vieilles personnes authentiques.

 

 

 

8.11.2007

 

//.Mata Hari enturbannée, nue telle Venus, verte et rose hors de ton bain, pâle et dorée au galbe soyeux.

Image féerique aux senteurs de talc et de crèmes sur un fond radiophonique.

 

//.Les dernières fleurs déjà brûlées par le froid trempent en bouquet dans un vase cubiste.

 

//.Ombrée, je suis une femme tamisée.

 

//.J’aime ton corps jusqu’au baiser de tes lèvres.

 

//.Toutes les deux, emportées dans le jeu de nos hanches ajourées.

 

//.La caresse de nos sentiments formels pour nous dire tout autre chose.

 

//.Tandis que gronde le monde des fous, nos yeux se pâment et nos lèvres rutilent.

 

 

 

9.11.2007

 

//.Dans la moiteur du réveil, ton visage invisible initie mes lèvres aux appels de ta douceur.

 

//.Je suis si belle qu’en roulant je me demande parfois comment disparaître.

Les voitures sont si faciles.

 

//.Payer pour se faire ramoner les orifices les plus intimes par un loup de suie pourrait paraître vulgaire si nous n’étions pas à Toulouse.

Toutes les deux dans nos petits souliers à écouter l’artisanat local citer Talleyrand.

Et de soupirer qu’il en est ainsi dans un certain monde de par chez nous.

 

//.Ecrire, page à page, page de mon dessein.

 

 

 

10.11.2007

 

//.L’escargot est un animal à cornes qui temporise leur sortie, sachant qu’elles sont sa meilleure fin à éprouver du relief.

Je te corne, muse, toi toute entière, encoquillée en sénestre.

 

//.Promenade primitive à cueillir une poignée de petit bois sec picoré dans un tapis de feuilles jaunes déposé sur les pelouses des coteaux de Pech-David.

 

 

 

11.11.2007

 

//.Elisabeth Charlotte Lotte est morte le 23 février 1942, à Pétropolis.

“Salvador Dali est, à mon sens, le seul peintre de génie de notre époque, et le seul qui lui survivra, fanatique de ses propres convictions, disciple des plus fidèles et des plus doués de vos idées parmi les artistes.”

“ J’ai déjà dit, en racontant ma rencontre avec lui, que le crâne de Freud ressemblait à un escargot de Bourgogne. La conséquence est évidente : si on veut manger sa pensée il faut la sortir avec une aiguille. Alors, elle sort tout entière. Sinon, elle se casse et il n’y a rien à faire, vous n’arriverez jamais au but.

Je range sans hésitation Freud parmi les héros. Il a dépossédé le peuple juif du plus grand et du plus prestigieux de tous ses héros : Moïse. Freud a démontré que Moïse était égyptien, et dans le prologue de son livre sur Moïse - le meilleur et le plus tragique de ses livres - il avertit ses lecteurs que cette démonstration a été sa tâche la plus ambitieuse et la plus ardue, mais aussi la plus corrosivement amère !

Aujourd’hui où j’évoque la mort de Freud, j’ajouterai d’ailleurs que l’escargot de Bourgogne, hors de sa coquille, est une des choses qui ressemble de la façon la plus paralysante à un tableau du Greco.

Aussi le Greco et l’escargot de Bourgogne sont-ils deux choses qui n’ont aucun goût propre. En revanche ils possèdent et nous offrent cette rarissime vertu quasi miraculeuse de  mimétisme gustatif transcendant“.

 

//.Cette nuit, l’automne est descendu des platanes.

Dans ce parterre jaune de neige végétale, les godillots chantent un refrain de mangeur de soupe chaude.

Le temps est couvert, le ciel est une page blanche où voguent les mouettes.

 

//.L’empathie me submerge lorsque je vois une bande dessinée déchirée que les vents froids ont éparpillée, traînée le long de notre trottoir.

L’enfance assassinée.

Il devrait exister un cimetière pour les bandes dessinées.

 

//.J’ai une pensée miséricordieuse pour une personne qui souffre d’une souffrance que seul le temps apaise, atteinte d’une braise incandescente enfoncée dans sa chair et qui brûle, s’éclaire à chaque courant d’air.

 

//.Départ pour l’approvisionnement au marché en victuailles de bon aloi.

 

//.La douceur de ta peau fait éclater les larmes de mes yeux.

 

//.Cette nuit, j’ai bu le breuvage noir et blanc d’Alfred Hitchcock, Rebecca d’après l’œuvre de Daphne du Maurier, étais heureuse de retrouver l’Auberge de la Jamaïque et Jane Eyre, la tourbe, les landes et la bruyère.

Lorsque dans l’obscurité tu es apparue, lorsque tu es venue te blottir dans mes bras, j’ai tout oublié de Mrs Danvers et Nosferatu pour notre amour de femmes croustades à effeuiller de toutes parts.

Je garde de cette nuit un autre flacon de souvenirs que celui de Mr de Winter, celui du parfum d’un amour ardant, imprégné de pellicule et littérature anglaises.

 

 

 

12.11.2007

 

//.D’humeur ménopausée, je m’installe dans la paix des répits de ma vie déchirée en lanières de martinet qui me fouettent à l’improviste.

Je me sens amoureuse, chaque partie de moi me le crie, je t’aime sans répit.

 

//.Je suis bien faite, un peu trop à mon goût,

Maintiens une distance artificielle qui disparaît avec délice quand je sens approcher des forces puissantes qui bouillonnent d’émoi.

 

 

 

14.11.2007

 

//.Le besoin de chacun tire tout le monde dehors et, nus, grelottants, les hommes sont des primates sans arbre.

 

//.Je suis davantage, heureuse et bien dans tes parfums et tes voilages, sur nos lèvres qui se parlent, pulpes lourdes

Qui voyagent dans le céleste de nos ailes déployées, légères, à peine éphémères, toi, nue, peau, seins, nos lèvres décollées.

 

//.Le temps est au doute, celui de transparaître dans l’abîme céleste, seule dans tes bras décharnés, nues et froides, fossiles glacières.

 

 

 

17.11.2007

 

//.Bon anniversaire, mon amour.

 

//.Crucifiée à tes pieds, couverte de bougies, amoureuse.

Comestible à la cuillère, crémeuse et fondante,

Tes doigts et tes lèvres, ta langue sur ma bouche.

Chevauchée au rythme de tes reins,

Noyées dans nos yeux de vair.

 

 

 

19.11.2007

 

//.Ton jeu de dame d’ivoire sur mon damier de ronce rose en diagonale, folie d’une reine qui se découvre.

 

//.Ces instants ensemble, ces années merveilleuses.

 

 

 

20.11.2007

 

//.Invisible, simplement présente.

 

//.Libre, simplement vivante.

 

 

 

21.11.2007

 

//.Je suis si sinueuse que j’arrive en terrain fertile où le désert gagnait.

 

//.Tu es une chatte qui hulule.

 

//.Des jours et des jours,

Ces jours qui se ressemblent et nous soignent,

Nous posent et nous reposent.

 

Je suis usée, décolorée,

Happée par l’envie de notre bonheur,

De ton corps sous les draps qui m’entend nu.

 

 

 

23.11.2007

 

//.Ton être tout entier, d’une beauté symphonique.

 

//.Je semble si proche d’une autre femme, quil nous arrive dentendre nos noms confondus en toute inconscience.

 

 

 

24.11.2007

 

//.Il neige dans mes rêves des flocons roses sucrés, tes lèvres fondantes.

 

//.Dans mes bras, ton corps emmitouflé.

 

 

 

25.11.2007

 

//.Une nuit vierge sans autre rêve que celui de m’endormir.

 

//.Tu flirtes nue avec les mots de ta plume,

Testes encore l’eau de l’encrier du bout de tes doigts de pied,

Agrippée à l’échelle du temps.

 

 

 

1.12.2007

 

//.Cette semaine, j’ai mis une très belle chemise à fleurs qui attendait depuis deux ans sur un cintre.

Je suis si formatée en bleu et blanc que l’effet fut merveilleusement humanisant.

 

//.L’humanité est faite de singes qui s’habillent de peaux.

 

//.Ces états de perte psychique qui disloquent.

 

//.Je suis si attablée à mon travail que je mange en dormant.

 

//.Prendre la distance schizophrènique d’un retour sur soi.

 

 

 

2.12.2007

 

//.Ton corps me parle dans le silence de nos lèvres

Où nos bassins ronds se boivent dans l’ivresse,

Le cœur défait par les couverts de nos boutons.

 

//.Se dessine sur tes seins le rouge de mes lèvres.

 

//.Quand tu glates, quand tu t’envoles,

Tes yeux disparaissent, s’enfoncent dans les larmes.

 

//.Ton corps se coule sur ma peau entre mes bouches en bées.

 

//.Sexuelles, quand nos corps sont éloquents.

 

//.Rien n’est plus nu que nos peaux en amour

 

//.Je suis ta femme, à peine dessinée.

 

//.Je suis née sans gland et sanglante.

 

//.La nuit, nous devenons des poussières sexuelles qui scintillent.

 

//.A haute fréquence, nous émettons un signal rémanent.

 

 

 

3.12.2007

 

//.Tu habites mon ventricule gauche.

 

//.Quand ton amour déborde tes lèvres, tes yeux mouillent dans mes yeux.

 

 

 

7.12.2007

 

//.Je fonds en comble sur le plancher de ton corps lessivé.

 

//.Le piano éclabousse mes yeux.

 

 

 

8.12.2007

 

//.Cette nuit, j’ai rêvé de toi.

Tu étais là, nue devant moi, entièrement épilée, pâle et tendue, squelette de danse, faite de chair et de veines.

Nous étions les amantes de notre goûter.

 

//.Tu me dis que je te fais plaisir.

Je te le dis également.

 

//.Je laisse glisser sur ma peau des amours de lèvres,

Le passage de ces baisers qui m’enduisent de bonheur.

 

//.Et, quand tu t’éloignes avec l’impression d’être libre,

Tu me téléphones que tout va mal.

- Que tu me manques.

 

//.Je voudrais écrire des histoires au long cours,

Mais je brûle sur une mer où mes lumières ne cessent de tournoyer dans la nuit

Pour des voilettes tourmentées.

 

 

 

9.12.2007

 

//.Dans le silence du matin tôt à peine perturbé par la pluie sur les feuilles mortes,

Tes yeux éclosent des embruns de la nuit et roulent sur le grain de ma peau emporté par la brise de ton sourire.

 

//.Les pieds nus, les lèvres épaisses,

Drapées de soie et de caresses,

Nos corps se soulèvent un instant

Puis retombent en enfance.

 

//.Tes doigts entre mes lèvres,

Au creux de ma douceur.

 

 

 

10.12.2007

 

//.Tournée vers mes yeux avec ta beauté de nymphe pure,

Avec ton corps de désir pourpre et tes doigts décidés,

Tu as tiré de ton papier froissé les mots d’un poème à notre chair,

A notre nudité qui nous rendit heureuses.

 

//.Fleur polygame et satinée, amoureuse de peaux, de corps, de lèvres et d’alcôves.

 

 

 

11.12.2007

 

//.Nos corps enlacés, tressés dans les draps.

 

//.Du thé, son ambre, son parfum et tes lèvres.

 

//.Nos peaux et leurs frissons, le passage de nos émotions,

Tes lèvres et toujours tes doigts.

 

//.Avant l’aube, quand dans la nuit tu fermes mes paupières.

 

//.De nous, il reste sur nos doigts la douceur de nos maux, l’abandon de nos humeurs.

 

//.Tes yeux se plissent sur mes lèvres lorsque ma langue lèche tes larmes, lorsque je m’accouple à ton regard,

Lorsque nos seins écrasés et nos doigts éperdus effeuillent nos âmes,

Lorsque, les orteils tendus, les pieds tétanisés, les jambes repliées, nos frissons et nos culs se dévoilent sans pudeur.

 

//.Tu as retiré de sur ma peau la soie et la dentelle que depuis ce matin je traîne partout avec moi

En attendant que tu me fasses l’amour ainsi, la culotte enfoncée dans la bouche, prisonnière de tes doigts.

 

//.Je suis une huître douce qui n’attend que tes lèvres.

 

 

 

12.12.2007

 

//.J’appartiens à ton sérail, au bruit de tes femmes.

 

//.Je suis ta peau, celle que tu tannes et retrouves sur tes lèvres.

 

//.Toutes les deux ajustées à notre amour, accouplées à pleines mains.

Aujourd’hui, ta dentelle noire n’avait d’autre parole que celle de ton ventre, de son impudeur embrassée.

Nous sommes devenues amantes sans en parler vraiment, juste invoquées par nos sentiments bienheureux.

Seules dans le froid, nos jupes retroussées et nos culottes détroussées.

 

//.Je suis une flibustière qui rançonne les galions de mes femmes, leurs fessiers trébuchants.

 

//.Tu es montée sur la pointe des pieds chercher les volutes de ma langue

Et j’ai sentis ton cœur contre mes seins,

Tes mains contre mes fesses,

Ton cul et sa vulve,

Le trempé de ton dessein.

 

 

 

13.12.2007

 

//.- Là !

Elle a dévoilé son sein.

- Là !

Elle a dévoilé ses reins.

- Là !

Elle a dévoilé son pubis et nous a regardées avec fierté, tirant soudain sa langue transpercée.

 

//.Elle est devenue pâle, très pâle, a tiré ses cheveux en arrière et en tremblant s’est mise à pleurer.

- J’ai mal…

 

//.Elle a quitté sa bouche, ses lèvres,

S’est tournée vers mon regard.

- Tu es une gouine.

Elle m’a embrassée sans quitter le corps de son amant, en lui caressant le visage d’une main rassurante.

 

//.Je suis une gouine.

 

 

 

14.12.2007

 

//.Après une nuit sans amour, notre déchirement s’est recousu de fil en aiguille, du bout des lèvres.

 

//.De mot en mot, tu es entrée dans ma bouche.

 

 

 

15.12.2007

 

//.Tu me doigtes à deux, à trois, à quatre doigts, à pleine main, tel un sac à main, un carquois, une gibecière.

Et tu me tiens si bien, si fortement, que je me laisse volontiers transporter,

Assortie à la manière de tes gants.

 

//.Je suis une chose sexuelle qui s’ouvre d’un baiser,

D’un doigt, d’un murmure, d’un sourire,

Dans vos yeux.

 

Dans cette soirée de champagne et d’amuse-gueules,

Je suis passée entre vos deux tranches de femmes de mie,

En paix dans vos bras de sœurs complices.

 

J’ai trouvé en vous le même tremblement des lèvres,

Les mêmes souvenirs, le passage facile de l’une à l’autre,

Nue entre vos lèvres, offerte à vos caresses qui m’appelaient.

 

//.Quand tu glisses ta langue entre mes lèvres, le timbre de ma voix se colle au creux de ma gorge.

 

//.Tu m’as tant violée que j’en suis devenue friande,

Mes seins en pointe, affolée dans tes bras.

 

//.Tu m’as trouvée nue sous ma robe, à peine plus chaude qu’une huître festive,

Au coin des baraques de Noël de la place du Capitole où j’ai retrouvé dans ton appétit la chaleur de ta bouche.

 

De mes lèvres, tu as tiré le meilleur, toutes les glaires de mon bonheur.

Et quand j’ai goûté à tes doigts, mes chairs te suppliaient de revenir,

Mon impudique amante.

 

Quand nous nous sommes quittées, je tremblais en pleurant, grelottante, effrayée, inassouvie et accablée,

Achevée sans retenue, dès mon retour, devant la cheminée, dévorée avec des toasts, du champagne et du caviar,

Nue comme une pucelle.

 

//.Les cheveux courts, garçon manqué,

Tu m’as trouvée très belle.

 

Je voulais te faire voir aussi mes épaules, mes seins, que tu les prennes avec toi.

Maintenant, je suis échouée loin de tes ressacs.

 

Tu as planté dans ma chair un grain de ta folie

Qui germe près de mes eaux.

 

 

 

16.12.2007

 

//.Anaïs est restée la nuit, ses seins sur ma poitrine éperdue.

Nous étions toutes les deux fiévreuses.

Elle pour une amie chargée du sida après une escapade hétérosexuelle précipitée.

Je l’ai écoutée me parler de la tritérapie, de la fatigue du traitement, des doutes de son amie, de ses craintes.

Elle a glissé entre mes jambes sa langue de chatte appliquée, a réveillé ta présence, tes doigts et tes caresses,

Mon plaisir à t’abandonner mes orgasmes.

Elisabeth a préféré s’endormir au coin du feu, enroulée dans une couverture élimée.

 

Ces derniers mois, ma fille s’est étirée, longiligne et racée, quitte l’adolescence en conservant ses seins replets.

La récente fécondation de son ventre ne la marque pas encore.

Elisabeth a fait l’amour, quand elle nous a retrouvées à l’aube, à ce corps affirmé qui se repaît de femmes de passage depuis qu’elle a son propre appartement.

Dernièrement, Anaïs est venue nous voir avec une superbe créature peu effarouchée, aux grands yeux gris bleu, qui avait au moins mon âge.

Nous voyons à l’occasion Justine et ses aventures, partagée entre ses hommes et ses femmes.

 

Toi aussi, tu me glisses entre les doigts pour retrouver les horaires de ton homme, me partage sans vergogne pour mon plus grand tourment.

( 9h55, Anaïs m’embrasse et s’en va.

- A ce soir, mon cœur. )

 

//.Le froid et l’eau ont blanchi les branchages d’un givre tenace.

Elisabeth s’est garée et nous avons marché un moment, bras dessus, bras dessous, rêveuses et amoureuses jusqu’au bord de l’eau.

Des mouettes criaient près de la berge en voletant au ras de l’eau.

Nous avons fait l’amour debout, sous nos manteaux à peine ouverts.

Un chien est arrivé, puis un jeune couple qui nous a saluées, a attaché son molosse,

S’est éloigné en s’excusant, nous laissant dans les bras l’une de l’autre, surprises et haletantes.

Nous avons pris quelques photos de nous.

 

//.Gaëlle a dessiné des moustaches de Dali à nos vulves,

A embrassé ces messieurs avec un doigt de malice.

 

//.Je suis à deux doigts de toi.

 

 

 

17.12.2007

 

//.Je suis tellement de la fête que je me demande parfois si je ne suis pas le cadeau.

 

//.J’ai peint ton anatomie il y a des années sans savoir qu’elle me toucherait à ce point.

 

//.Chaque jour, je retrouve ta présence dans le creux de mon ventre, plantée entre mes lèvres.

Et tu me murmures du bout des lèvres que tu as froid.

 

 

 

19.12.2007

 

//.Ton corps pâle, ton corps vêtu de toile bleu marine, tu m’as parlée avec le sombre de tes paupières et ta voix claire déposée à l’entrée du pavillon de mon ventre.

 

//.Cette nuit, dans un rêve tenace, tu étais nue dans le fond du jardin, dans l’herbe haute brûlée par le froid, accouplée à mes doigts et à ma langue, l’instant d’un rut où le coït est sublimé.

 

//.Derrière mes lèvres trône le méat béant de mes urines, amoureux de tes lèvres.

 

//.Je suis percée du gastéropode rose et pâle auquel tu t’accouples volontiers.

 

 

 

20.12.2007

 

//.Tu es si affolante entre mes lèvres, quand tu tires la langue.

 

//.Tes yeux dans mes yeux, noyées d’un amour diffus, noyé d’une présence limpide, affolés.

 

//.J’habite les ombres de ton cœur, au cœur de tes ombres.

 

//.Je suis ta femme, la première que tu aies faite jouir.

Et j’aime cela, cette attention à mon écart.

 

 

 

21.12.2007

 

//.3:33, ton homosexualité rampante me fait jouir.

 

//.Parfumée d’encens, divine comédie de l’éloge.

 

//.Mes lèvres entre tes dents, un peu plus loin que ton sourire.

 

//.Du cuir marron et de la maille de laine noire sur la porcelaine de ta peau

Quand tu t’escrimes en écuyère à dompter mes lèvres et le creux de mes reins.

 

 

 

22.12.2007

 

//.Les filles sont des souris vertes attirées par les crêpes

Qui sortent de leurs lits au chant de la cuisine.

 

//.Les pieds froids, elles se perchent sur les chaises,

Tablée de petits singes affamés qui se disputent le sucre et le miel,

Les doigts luisants, les lèvres fondantes, nappées de sommeil.

 

 

 

23.12.2007

 

//.A nouveau 3:33.

Quand la nuit ne me porte plus guère, remontent des angoisses profondes qui percent ma conscience d’un pieu démesuré.

Il faut alors tout l’irréel de ta beauté pour m’apaiser, rétracter les arguments où souffle la raison.

 

Hier, notre coiffeuse,

Aussi gouine que nous deux réunies,

M’a coiffée comme elle.

Voilà plusieurs années que nous allons chez elle.

 

Je suis enrhumée, fait la morte ou presque, inerte et obéissante.

Mon corps ne réagit plus, attend que je retrouve une certaine vitalité.

 

Demain, nous partons au bord de l’océan pour fêter Noël,

Manger des huîtres et battre le sable froid.

 

//.J’ai appris ce matin, avec tristesse, la mort de Julien Gracq.

 

//.Tes fesses, ton ventre, tes lèvres, tes yeux,… tes doigts, tout me manque.

Tes seins et leurs veines saillantes, ton corsage déboutonné, tes caresses contenues, conduites dans le déluge de notre passion.

Navigatrice déposée sur mon bureau en désordre, ta chevelure de blé renversée sur les dossiers pressants, étendue les cuisses ouvertes,

Ton fruit trempé sous le satin de ta culotte, le temps d’un baiser, d’un doigt entre tes lèvres.

Tes doigts dans mes cheveux, dans ma bouche, en soupirant – Continue...

Et puis encore, après,

Assise sur mon bureau, déculottée à caresser ton corps abandonné, ton ventre et son bas haletant,

Nous sommes arrivées ailleurs, là où tes yeux me cherchent, tes doigts me transportent, où nous sommes déshabillées, transparentes à l’autre.

 

//.Dans le brouillard et le froid du matin, tu as retrouvé ton enfance et moi tes lèvres.

Nous sommes conçues de notre amour, habitées l’une de l’autre.

 

 

 

24.12.2007

 

//.Blotties l’une contre l’autre, nous formons un couple parfaitement complémentaire où tu jouis,

Enveloppée dans ma chair.

Notre sexualité porte les marques de nos doigts, la présence aveugle du langage du bonheur.

 

//.Les filles chuchotent sous la couette, dans le silence du matin.

 

 

 

25.12.2007

 

//.Dehors, nous entendons au loin le rythme régulier des longues vagues qui se déchirent sur le sable, s’écrasent, langoureuses, repues, sur la plage infinie.

Elisabeth est nue dans un déshabillé de dentelle, de soie et de duvet blancs, ornementé de rubans jaunes et de lacets dénoués qui abandonnent son corps aux caresses du tissu et de ses doigts.

Je suis nue dans une culotte de lycra blanche, avec un protège slip qui récupère quelques menues pertes.

Les filles jouent avec Gaëlle.

Anaïs lit dans notre lit « La valse aux adieux » de Kundera.

Je lui ai apporté du thé de geisha parfaitement minuté, me suis étendue auprès d’elle et elle m’a embrassée en souriant.

Sa langue est venue chercher la mienne et elle a abandonné un instant son livre pour caresser mon visage.

- Maman…

Quand elle pleure devant mes yeux, je suis inconsolable.

 

Elisabeth visionne un disque de claquettes avec Fred Aster.

Elle se caresse machinalement, la télécommande dans sa main libre.

Je pianote sur mon portable, toute heureuse d’une connexion wifi inattendue.

Il est 10h30.

 

//.Il est 18h30,

Le cœur un rien poché par le champagne en perdition dans mon sang et mon foie où il macère en un consommé de cirrhose fruité.

En observant les filles, cet après-midi, j’ai pu admirer leur beauté exquise, les années qui ont passé et me dire que nous ne serons pas les plus malheureuses des grand-mères.

Anaïs est très perturbée par sa grossesse.

 

A midi, ce fut un mélange de victuailles terrestres assez lourdes à digérer sans une bonne vieille sieste remplie d’un sommeil bien lourd.

A mon réveil, Elisabeth fumait en tirant sur sa slim, installée tout contre mon corps frissonnant.

Elle écrivait dans son carnet à feuilles jaunes avec un stylo doré dont l’encre rouge tirait à vive allure son écriture alerte.

La pointe de ses seins tremblaient à peine, dardés par ses pensées écrites.

Entre ses cuisses moites, chaudes, régnait une atmosphère de jungle des moussons où la glace de mes doigts fit l’effet d’une électrocution instantanée.

Elisabeth m’incendia à la mesure du choc et seul mon rire expiatoire, rempli de gène et d’excuse finit par la rendre à son affection coutumière pour mon imperfection faite aussi d’inattention.

- flo

Elle écrasa sa cigarette et se tourna vers mon corps ensommeillé.

En mangeant mes lèvres avec l’ardeur d’une jeune amoureuse, elle révéla le sens du contenu de ses écrits.

J’étais trop endormie pour répondre à son romantisme sexuel, l’ai laissée me prendre sans aucune parole, sans aucun échange, juste violée sans résistance,

Menée à son orgasme avant d’être abandonnée subitement, sans aucune explication.

 

Après un Alka-Seltzer et une douche brûlante avec Gaëlle joyeuse, nous sommes sorties marcher sur le front de mer avec les filles, regarder disparaître le soleil puis rentrer nos lèvres à fleur de peau.

Ce soir sera à nous.

 

J’ai pris conscience que ce qui est rare est vraiment très rare.

 

 

 

26.12.2007

 

//.Si je voulais être née un jour, ce serait aujourd’hui car je suis heureuse avec toi.

 

Tu es de peau pâle, luisante et blonde, nue et mouillée, sortie du bain avec tes cheveux en paquets de soie tombante,

Masses étirées sur tes épaules et ton dos, ton visage et ta gorge.

 

Nous avons trouvé dans la nuit les chemins sauvages de nos abandons sublimes, l’une passée au doigt de l’autre, au fil de nos caresses, de nos baisers,

Les anneaux de nos sexes aux prises avec l’absolue saveur de l’infini.

 

//.Je disparais et tu t’éteins, mon amante sans nom, dans ces temps de vache grasse où la mouille humecte davantage mes lèvres que le thé,

Où Elisabeth ne retient rien de nos gestes obscènes qui la découvrent et nous habitent.

 

//.J’habite la vallée de tes reins où existe l’église la plus fervente, le monastère le plus contemplatif, le pèlerinage le plus fécond,

Une terre riche et généreuse où il fait bon s’étendre au printemps, s’ouvrir à l’été, se couvrir à l’automne et couver tout l’hiver.

Tu m’offres toutes les images pieuses de ton corps, la grâce de ton amour et la foi de ton église.

 

 

 

27.12.2007

 

//.Levé tôt, départ pour l’Espagne,

San Sebastian, Bilbao, Santiago de Compostela.

 

//.Cette nuit vers les 3 heures, tu m’as réveillée, couverte de tourments.

Anaïs m’a délivrée de ses bras et Gaëlle, qui s’était endormie avec son gode-ceinture offert à Noël, t’a réanimée à coups de reins.

Il nous est resté de toi des plaintes et des baisers, ton amour transpiré.

 

 

 

29.12.2007

 

//.Accroupie devant Juliette assise parterre, tu m’as appelée du regard.

Notre fille jouait avec tes lèvres et ton clitoris, puis sa petite main a disparu dans ton vagin.

 

//.Dans le musée de Bilbao, entre deux grandes lames marronnes, nous nous sommes éclipsées pour nous, pour nous aimer à pleines mains, à pleines bouches.

Une fillette blonde vêtue d’un pull rose qui courrait dans cette sorte de labyrinthe étroit faite de courbes

Nous bouscula avec un

- Pardon !, policé.

Soudain, une gardienne surgit et, avec un espagnol commun, nous demanda de ne pas nous appuyer sur l’œuvre.

- Pardon…

J’ai senti alors tes doigts s’éloigner de mon plaisir et les miens du tien.

Main dans la main, baignées de mouille, nous avons retrouvé les filles,

Gagné le restaurant.

Là, loin de Toulouse, nous avons croisé du voisinage toulousain.

 

//.Anaïs a subi les asseaux de Gaëlle sur l’autoroute nous menant à Santiago de Compostela.

Nous les regardions faire en les caressant sans interférer.

Gaëlle s’est accoquinée avec son gode-ceinture, joue de machisme avec nous,

Passe son temps à exhiber sa chose, qu’elle nous plante dans le ventre à tout va.

 

Anaïs a passé le péage fichée de Gaëlle qui la força à gémir.

Devant l’Espagnole qui nous rendait la monnaie, elle rougit soudain avec tant d’intensité qu’elle en fut gênée,

Se pressa contre sa sœur, plantant davantage entre ses fesses le gode qui la fit crier.

Elisabeth démarra, sauva Anaïs qui perdait les dernières forces de sa contenance.

- Gaëlle !

Et Anaïs, en se dégageant de sa sœur, lui sauta à la gorge, l’écrasa de tout son poids contre Marie avant de l’embrasser en lui mordant la bouche.

- Les filles…

Nous arrivions dans la nuit au terme de notre pèlerinage.

 

//.Elisabeth a croisé les yeux d’une femme aux cheveux courts, noirs, grisonnants, a discuté avec elle une partie de la nuit tandis qu’avec Anaïs et Gaëlle nous allions nous promener avec les filles

 

Dans le dortoir où nous avons choisi de passer nos nuits, Gaëlle a réussi à me sodomiser sans attirer l’attention.

Anaïs m’embrassait en se mordant les lèvres pour ne pas éclater de rire, guidait le gode de sa sœur étendue derrière moi d’une main glissée entre mes cuisses.

 

Vers minuit, Elisabeth est sortie avec sa nouvelle amie et ce matin elles ont déjà disparu.

Anaïs et Gaëlle s’occupent des filles qui sont prêtes.

 

 

 

31.12.2007

 

//.L’autoroute a été absorbée à une vitesse qui imposa le silence dans la voiture.

Nous avons roulé sans discontinuer et venons d’arriver à Toulouse.

Les filles sont épuisées, moi imprégnée de paracétamol et Elisabeth toute heureuse, ravie.

La nuit venue, la route est un défilé de points rouges sur fond noir, rien d’autre.

 

//.Matin catin, matin câlin.

Tout avait commencé dans nos eaux les plus lubriques,

Assoiffées que nous étions par le bonheur de chattes qui retrouvent leur intérieur.

Tout se termine à la chandelle dans les caves, avec une inondation provoquée par la société des eaux de la ville.

 

//.Le zèle de nos filles est toujours le bienvenu, surtout lorsqu’elles s’appliquent.

Par contre, celui des personnels de l’état manque sérieusement de savoir-vivre.

 

//.Etendue sur le canapé à discuter avec Elisabeth assise dans un fauteuil en osier blanc,

J’ai apprécié tes caresses, ta manière de me mettre en bouche.

 

 

 

1.1.2008

 

//.08:08

Quelques minutes encore et ma vie ne sera plus qu’un rêve.

Tu fumes en sous-vêtements, à observer mes gestes, le bruit de ce clavier, ces instants hors de nous.

 

//.Des heures à partager ton ventre, ton corps et ta chair, éprises d’une luxure écoulée sur nos formes,

Coulis de semence et de salive, d’urine et de mouille, dans les vapeurs acides de la transpiration, de l’alcool et des pilules.

Nues ou si peu habillées, prises en main, débordées et vendangées, empalées sans d’autre procès que notre beauté éparpillée entre des mains gloutonnes,

Le vagin aboyeur qui se retient et s’ouvre, pisse et pleure, s’abandonne à autrui dans cette nuit de scintillements.

 

//.Anaïs et Gaëlle continuent de s’amuser avec des femmes sur qui leur jeunesse fait des ravages,

Jouent de leurs corps sur des rythmes langoureux, dansent nues et accompagnées, saphiques éclairées.

 

//.Le principal attrait du SMS est de suggérer, de dévoiler des intensions, de se rappeler l’une à l’autre,

Toi qui n’as toujours d’autre nom que ta présence et tes lèvres.

 

Le principal attrait du SMS est de savoir qu’il existe une libellule au-dessus de mes eaux.

Je t’aime, Guylaine.

 

//.Mes lèvres sur ta joue et tes yeux éclairés,

Ta bouche à la renverse et

Partager ensemble les restes de la nuit.

 

 

 

2.1.2008

 

//.Tes pieds dans mes mains et mes doigts entre tes orteils, nos lèvres sur nos lèvres.

 

//.Soudain, dans la frénésie de notre dispute tu es devenue transparente,

Ton corps maillé de veines épaisses en réseau bleuté sur ta gorge, tes bras, ton ventre, tes jambes,

Tes pieds, tes mains, ton visage et le contour de ta bouche.

 

//.Je me suis simplement penchée pour lire la légende d’un tableau suspendu un peu bas,

Loin de l’idée d’un appel au doigté de ta main baladeuse.

Ainsi touchée, je n’avais qu’à me redresser tout contre ton corps pour apprendre entre tes dents à me méfier de ma légèreté.

 

Quand tu es jalouse, tu me fais bien du mal.

 

//.A tes yeux je reste nue, écorchée vive, décharnée, rongée jusqu’à la moelle, toute la substantifique moelle.

 

//.Je songeais à l’instant au balancé hypnotique de tes seins pendulaires.

 

 

 

3.1.2008

 

//.Les filles nichées contre nos flancs,

A jouer avec nos chattes avant de les dévorer.

 

//.Tes seins m’attirent tant ces derniers temps que je me demande si je ne manque pas de calcium.

Tu les portes en liberté, dégagés ou à peine couverts, pâles et veinés, attendrie de mes avances, maternelle et amante.

 

//.J’ai retrouvé une amie lointaine, un souvenir tiré des brumes du temps.

Elle a toujours ses deux hommes, son mari et son amant,

Ne garde pas un très bon souvenir de ses escapades lesbiennes,

Est heureuse, ainsi accompagnée.

 

//.Je t’ai quittée pour une affaire urgente en ville et plus tard, lorsque je marchais avec Elisabeth en ville,

Dans une rue mouillée de pluie, nous nous sommes croisées, surprises de nous trouver là, l’une en face de l’autre,

Secrètes et complices.

 

 

 

4.1.2008

 

//.A 5h10, Tu dormais dans les bras de Joëlle étendue sur le dos dans ton lit défait.

Vous laissant là, j’ai marché en silence dans l’obscurité du matin froid, le corps couvert de vos caresses,

Enveloppée dans le manteau sous lequel j’aime être nue,

Les mains enfoncées dans les larges poches remplies de mille futilités. 

Mes talons claquaient, réguliers, me rassuraient,

M’accompagnèrent jusqu’à chez nous, jusqu’à ton corps ensommeillé.

 

Nue et glacée, je t’ai apporté l’océan de mon ventre où ta main est venue se rassurer.

- flo

Tes doigts trempés ont salé tes narines, glissé entre mes lèvres et je les ai sucés en souriant avec de l’amour à la commissure de mon bonheur.

 

//.Domino, tu vas me manquer.

 

 

 

6.1.2008

 

//.Tes airs de reine en couronne de papier déshabillent tes yeux.

 

 

 

7.1.2008

 

//.Nous avons appris l’amour à l’école buissonnière de nos lèvres.

 

//.Le soir, quand la brume de tes yeux se disperse au balancé de mes lunes

Se réveille la beauté de ton iris, la douce prairie du bassin de ton plaisir.

 

 

 

8.1.2008

 

//.J’écris comme une respiration, au battement de mon coeur.

J’habite ton cœur.

 

 

 

9.1.2008

 

//.Je suis pourchassée de questions sur mes amours,

Comme si mon histoire sexuelle était faite de clichés.

 

//.Dans tes bras, les seins déshabillés, je ne vois que tes doigts sur mon corps.

 

 

 

10.1.2008

 

//.Etendue, la bouche en puit, la tête reposée sur ta cuisse repliée,

J’ai goûté ta bouche dessiner mes lèvres.

 

 

 

11.1.2008

 

//.Cet après-midi, je me sentais épluchée vive,

Davantage que nue, entièrement sans peau.

C’est dans cet état que je me découvre vivante.

 

 

 

12.1.2008

 

//.Ce matin, en m’observant avec attention devant la glace,

Forcée de constater que la nature ne s’est pas gênée pour me fendre un peu partout.

Et, en te le faisant remarquer avec un doigt pour l’exemple, tu as répondu, en écartant mes fesses,

Qu’elle nous avait également abondamment percées.

 

//.La nuit venue, nous marchons nues l’une sur l’autre, telles des chattes de gouttière.

 

//.J’ai besoin de sentir ton odeur, ta peau et tes doigts à l’abandon.

 

//.Quand tu me sautes dessus sans prévenir, que tu écartes mes cuisses sans ménagement,

Tu me lèches comme d’une écuelle.

Lorsque, ensuite, tu te lèches les babines en venant m’embrasser,

Je devine qu’il me faudra continuer à m’épiler.

 

//.Ce dernier texte réveille une pudeur à écrire l’intimité qui cherche à me couvrir devant vos yeux qui lisent.

Entre nous, je suis partagée.

 

//.L’an dernier, à l’automne, tu t’es soudain arrêtée, tu as relevé la tête

Et j’ai vu entre mes seins pointés

Que tu tenais entre les dents un oubli fâcheux.

 

//.Si je me balance dans le rocking-chair de mes envies en te tendant mes orteils à lécher,

Je trouve tes lèvres plantées devant moi.

 

//.Quand je te présente la pulpe de mes lèvres et que tu me doigtes,

Mes yeux s’injectent de supplications charnelles.

 

 

 

13.1.2008

 

//.Je suis aimée par des tas d’animaux, notamment les chiens.

Hier, j’ai passé l’après-midi assise parterre au milieu d’eux,

Très occupée à les caresser.

Et, tandis qu’ils me flairaient, me léchaient, je les masturbais de trop,

Allant jusqu’au trou de leurs queues et nettoyant leurs éjaculats.

 

//.Quand tu danses avec mon corps, il s’abandonne volontiers à tes baisers,

A ton coup de reins contre mes fesses et tes mains qui me mènent,

Suit ton sens du mouvement, la cadence de notre rythme amoureux.

 

//.Tu sais tout prendre de mon plaisir.

 

 

 

14.1.2008

 

//.Le soleil nous asperge de lumière,

Trempe dans les humeurs les plus délicieuses de notre amour

Et nous nous croquons à peines dents, cuites et blanches, à peine vertes,

Le bourgeon dressé en pleine lumière.

 

 

 

15.1.2008

 

//.Tu as bu une gorgée de ton café serré et reposé la tasse,

Tes pulpes ambrées et trempées.

 

Je t’observais dans le nuage de ma cigarette,

Ai soufflé toute la fumée de mes alvéoles pour te butiner.

 

//.Le fard de tes paupières dessine dans le matin l’aube de tes yeux.

 

//.Toute ma vie, je serai ton domicile fixe où

Sous les arches de mes jambes tu viendras t’endormir,

Boire et manger à satiété.

 

//.J’ai longtemps cru que les hommes étaient les plus maladroits des êtres humains.

J’avais tort, car je suis entrée cet après-midi dans des cabinets à la turque pour dame

Où le devant de la cuvette était encore une fois copieusement arrosé d’urine.

 

Je connais beaucoup de la personne qui se soulage ainsi.

 

//.Dans la cuisine, j’ai versé un peu de lait parterre et l’ai lapé.

Puis, quand tu as caressé ta chatte, j’ai ronronné.

 

//.Confinées, nous respirions à peine, n’osant retrouver notre liberté.

Nos lèvres se frôlaient et nos seins s’apprivoisaient,

Nos mains se sont trouvées et notre amour aussi.

 

 

 

16.1.2008

 

//.J’ai fait l’amour avec toi, ou plutôt avec ton gode-ceinture.

 

//.Cette nuit fut un jeu d’enfants.

 

//.Qui es-tu donc, ma bien-aimée, pour m’endormir sans prière, sans me faire prier ?

 

//.Tes seins pèsent sur mes yeux, mes doigts et ma bouche, ta gorge et ton sang.

 

//. La galaxie de mon plaisir tourbillonne dans le cosmos de tes yeux.

 

//.Tu m’as renversée sur ton lit et je me suis dit « tu es folle ma grande. »

Et, très vite, je n’ai plus été grande du tout.

J’avais beau me refermer sur toi avec mes bras et mes jambes,

Tu me tenais bien mieux, empalée que j’étais sur tes doigts et ta langue.

 

Quand tu m’as reprise en main,

J’étais restée là où tu m’avais délaissée pour tes urines,

Vaincue et impatiente,

Délivrée de mes scrupules.

 

//.Cet après-midi, dans la rue, entre deux averses qui sentaient bon les prémisses du printemps,

A peine sortie d’une mélasse de formalités juridiques et contractuelles,

J’ai senti ta présence.

En croisant ton regard, j’ai retrouvé le plaisir d’être moi-même,

Amoureuse et câline.

 

//.Ton clitoris est si bien hors de chez lui que nous sommes devenus complices.

 

//.- J’ai froid au cul. Touche mes fesses.

Tu avais raison.

 

//.Parfois, tu rêves à mille choses et tes seins t’accompagnent.

 

//.Le deuil se porte derrière la pudeur de la dentelle.

Tout notre amour vous accompagne.

 

 

 

17.1.2008

 

//.Je cingle la vie d’un grand fouet tressé qui fait mal et claque bien.

Quand elle plie, je réveille son sens au fond de son cerveau.

 

 

 

18.1.2008

 

//.Hier, en réunion, m’oubliant un instant à poétiser un concept,

J’ai soudain prit peur en constatant la stupeur générale

Qui fit naître chez moi une impression de nudité caressée.

 

//.Je n’avais jamais prêté attention à elle.

Elle s’est tournée vers son amie assise à côté d’elle,

L’a embrassée, est sortie de la voiture et lui a jeté un regard tranquille de couple ordinaire,

S’est tournée vers moi et m’a dit

- Bonjour flo.

 

//.- Non, non, je vais très bien, je n’ai pas de problème… je ressemble à un garçon, je sais.

Avec son corps élancé, son visage anguleux, l’absence de seins et ses longs cheveux tenus en arrière avec un petit élastique noir,

Elle entrait dans sa sexualité à pas hésitants.

 

//.A attendre, toutes tes lèvres s’étaient assoupies sans un mot.

Maintenant, satisfaites, entièrement réveillées,

Tu t’es envolée en ville où je vais te rejoindre.

 

 

 

19.1.2008

 

//.Nos peaux, dans la nuit d’un couloir inconnu, près de boites aux lettres alignées au garde à vous,

S’hérissaient sous nos doigts, à nous aimer sans un mot, des larmes de partout et nos chairs déchirées,

Soumises aux sens de notre couple, à la force vitale qui règne sur les bas de nos cours.

 

Rajustées à la sauvette, ta main entre mes fesses et la mienne sur ton ventre,

Notre couple s’en est allé, bringuebalant, se perdre sous les draps.

 

Tout avait commencé là-bas, au cinéma.

 

//.Elisabeth dort et je m’écris.

Voilà un peu de nos matins très tôt.

 

//.Nos lèvres et nos mains perdues entre nos cuisses.

 

//.Nues aux moussons de nos ventres,

Nos lèvres accouplées.

 

//.Conçue à l’été 62, je mourrai en paix.

 

 

 

20.1.2008

 

//.Faire-part de naissance :

                                        http://florence.sis.free.fr

                                        florence.sis@live.fr

 

//.Hier, nous étions à Lourdes, par hasard, en passant pas très loin en voiture.

Arrivées vers 15 heures, tous les rideaux métalliques des commerces étaient baissés, il avait plu, il n’y avait que de rares passants.

Perdues dans ce lieu sinistre, guidées par les panneaux vert sapin indiquant la grotte, nous avons marché un rien dubitatives.

Le peu de chaleur humaine récitait devant une statue de la vierge et un cône de cierges clairsemés une litanie de textes bibliques.

J’ai vidé une bouteille plastique d’eau de Luchon pour y verser de l’eau de Lourdes et pris quelques photos.

Il y avait des bancs estampillés « MALADES », des dorures perdues dans une immensité grise faite de béton et de pierre.

Il n’y avait pas de religieux, pas de pèlerins, pas de commerçants, rien que nous deux, amoureuses, seules sans les filles,

Avec Dieu.

 

Là, Elle nous a téléphonées et la nuit fut l’accomplissement charnel de notre bonheur.

 

//.Lapée du regard, je me lasse de cette concupiscence.

 

//.Cette semaine, j’ai eu à côtoyer deux personnes qui, indépendamment, m’ont violée.

Un jeune homme et une jeune femme.

Ils affirment vouloir changer mais je doute qu’ils regrettent ce qu’ils ont fait.

D’ailleurs, il leur faudrait peu de moi pour réitérer.

 

//.Je suis à moitié belle et lesbienne, la tienne.

 

 

 

21.1.2008

 

//.Souvenirs.

Elle a tiré encore une fois sur sa cigarette en m’observant aux prises avec mon nouvel amant.

Elle a tiré sur son tee-shirt en m’observant en levrette et s’est disposée auprès de mon visage enflammé pour l’embrasser et me faire pleurer.

Elle a tiré derrière mon oreille mes cheveux qui collaient sur mon visage trempé en m’observant mordre nos lèvres.

Elle a tiré mes cheveux et je me suis penchée sur elle et elle m’a observée, le cul en l’air, forcée à en redemander.

Elle a tiré mon homme à elle et je les ai observés.

 

//.Tu me parles de mes lèvres nues, douchées, poudrées, courtisanes de tes nuits, alors embrasse-les.

 

 

 

22.1.2008

 

//.J’ai passé de longues minutes à sucer tes doigts, tes jolis doigts dont je suis tombée amoureuse à en pleurer.

 

 

 

23.1.2008

 

//.Closes, mes lèvres endormies s’écartent sur tes lèvres.

 

//.Mes lèvres me racontent car elles n’ont jamais été entièrement cousues.

 

//.Les traits de ton caractère dessinent les éclairs de tes veines.

 

//.Il existe un étrange mystère qui unit nos sentiments.

 

//.Une nuit d’été en Champagne, il y a trois ans,

Etendues sur un lit d’hôtel surplombé d’une grande glace reflétant nos corps croisés à contempler dans leur simple nudité luisante,

J’ai à peine bougé les orteils et les doigts et toi de même, octopode bicéphale repu de plaisir solitaire.

 

//.Qui suis-je donc pour être mangée sans fin ?                                         

 

//.Les regards sur notre amour cherchent assez souvent à éprouver notre dignité auxquels notre intégrité répond de tout.

 

//.En ce moment, j’ai besoin d’une meute dans laquelle je puisse être bienveillante.

Quand on déborde d’amour, autant en faire profiter autrui.

 

 

 

24.1.2008

 

//.Tu appartiens aux cercles de mes courbes.

 

//.Tu es si parfaite en infirmière que je m’ouvre à tes plaies.

 

//.Dans ma vie de vraie femme, je me fais draguer comme une bête et aussi comme une chose.

Pourtant, c’est toujours à mon humanité qu’il est fait appel.

 

//.Ton sourire ne te cache rien de mes lèvres.

 

//.J’ai une passion pour une photo d’identité de toi râpée qui traîne entre les lamelles de mon porte-monnaie.

Il ne resterait plus que le support papier que rien ne changerait de la magie de ce petit objet.

L’immortalité est aussi là.

 

 

 

26.1.2008

 

//.Hier soir, mes ailes urbaines battaient l’air froid de Toulouse sur le pont d’un concert renaissance,

Albatros maladroit sans ton amplitude vertébrale occupée au théâtre.

 

//.Nous sommes rentrées ensemble, en vélo au singulier,

L’une à pédaler, l’autre inconfortablement installée dans la précarité du porte-bagages.

Les pompiers, qui sortaient un mort par les toits d’une ruelle fermée, ont mis fin à notre embarquée.

 

//.Tu t’appliques à être mon homme avec tes seins tendus et ton regard droit,

Même si de tes lèvres s’écoule une autre humeur.

 

//.Tandis qu’ils discutaient à côté, je suis sortie sur le balcon où tu fumais.

 

//.Ventriloque sur tes doigts, muette sur tes lèvres.

 

 

 

27.1.2008

 

//.J’appartiens au sérail de tes rêves.

 

//.Quand j’ai caressé ta cheville et ton pied, il est venu entre mes cuisses se baigner dans mes eaux chaudes,

Proposer ses services aux écoulements de mon désir.

 

//.Nos chaussettes traînent encore sur le parquet et nos jambes, amantes comblées, sont restées longtemps enlacées après notre réveil.

 

//.Je suis restée contemplative de votre bavardage méditatif,

Quand tu fumais devant la cheminée qui fumait.

 

//.Cette nuit tu avais une chatte sur la gorge et maintenant tu as un chat dans la gorge.

 

//.Le brouillard est au temps ce que la nuisette est à ton corps.

 

 

 

28.1.2008

 

//.Grippé, ton corps échoué dans les draps, secoué de spasmes sporadiques, lointains, déchire le matin et mon cœur.

L’idée même de te perdre renaît à chaque alerte, tel le Phénix de ses cendres.

Notre amour nous a faites siamoises.

 

//.Aujourd’hui, j’ai rendu une fille heureuse en lui démontrant que si elle était belle à croquer il ne lui était pas nécessaire de se faire croquer pour exister.

Aussi, quand je l’ai retrouvée un peu plus tard, elle était déjà amourachée de sa meilleure amie, appliquée à se soigner.

 

//.Mon lectorat dévoilé se compose exclusivement de lesbiennes.

J’écris pour nous.

 

 

 

29.1.2008

 

//.Hier en soirée, le théâtre t’a appelée pour une proposition.

Cette nuit, tu n’as cessé d’être malade, lyrique et ravissante.

 

//.J’aime lorsqu’elle dévoile, l’effervescence hors de l’eau.

 

//.Tes airs de femme fatale m’enduisent de félicité.

Mes airs de femme fractale te rendent volatile.

 

//.Tu empruntes les marches de mes côtes sur la pointe de tes doigts.

 

//.Souvenir de thé, ton visage entre mes doigts, ton buste en glaise.

 

 

 

30.1.2008

 

//.J’ai une passion narcissique pour le reflet de tes yeux.

 

//.Ce matin, bloquées par la manifestation des taxis, nous faisons du courrier,

Tournons les mots et les phrases dans un sens et dans l’autre,

Exercice d’acrobatie formelle où transparaissent des intensions mesurées.

 

//.Tu glisses dans ta robe de paillettes incarnates comme un poisson qui s’habillerait tout en fumant.

 

Accompagnant en ondoyant la fermeture Eclair qui remontais sur tes vertèbres, tu t’admirais devant la glace.

 

A la fin de l’essayage, tu es redevenue la nymphe de lait cru en culotte de lycra noir accrochée au cintre de mes yeux, suspendue à mes doigts.

 

//.Tes lèvres pâles fleuries d’une mélancolie poudrée de riz

Et des camélias entre tes doigts,

Un bouquet à fleur d’eau sur une vasque de cristal vert.

 

 

 

31.1.2008

 

//.Je devrais être clouée au lit mais il est trop tôt.

Je verrai ce week-end comment Elisabeth m’a soignée.

 

 

 

1.2.2008

 

//.Ton nombril et puis des ronds,

Des ronds dans l’eau de ton ventre.

 

//.Nos bassins en saillie et en large nos hanches, dessinés à l’amour.

 

//.La fièvre et l’insomnie, nos corps qui s’interrogent

Et des médicaments qui disparaissent derrière nos lèvres.

Nous n’avons jamais été des malades aussi fiévreuses,

Encore accouplées l’heure d’avant.

 

//.L’art de se reconstruire est d’enlever la croûte sans toucher à la mie.

Je suis devenue 100% lesbienne au point de le revendiquer.

Un tour de main qui ressemble à du compagnonnage.

 

 

 

2.2.2008

 

//.Dans la même phrase tu as fait des rêves érotiques et rêvé de ton papa.

 

//.Ce matin, j’étais une caresse infinie qui a installé le soleil dans le vert de tes yeux.

 

//.Nous appartenons à la forêt des loups blancs

( Tout le monde sait que le loup blanc est en fait une louve )

Qui nous renvoie aux meilleures intentions de notre couple.

 

En ce printemps naissant, l’appel dans la forêt est violent, tambourine sur nos tempes.

 

//.Notre sexualité est un Mikado éparpillé où les baguettes de nos désirs brûlent à nos doigts.

 

 

 

3.2.2008

 

//.Tu es rentrée sale, couverte de crasse de planches.

En te frottant la plante des pieds, j’avais entre mes doigts le plus bel art de ta nature,

Les plis et les replis que je connais par cœur.

 

Accoudée dans la baignoire à te raconter, à m’observer,

Tu as répondu à mon envie

En faisant chut avec mes lèvres.

 

//.Dans tes mains, mes seins abandonnés

A être la femme que tu palpes.

 

//.Le voisinage est composé de deux groupes d’individus.

Ceux que l’on croise sans autre manière et ceux avec qui on vit.

 

Il y a une culture du voisinage faite de rencontres, de distance, de ruptures, d’accommodements.

Et, le jour où des voisins s’en vont,

Une tristesse faite de nostalgie s’écoule de derrière les portes.

 

//.Chacune a ses devoirs conjugaux de femme en foyer.

Elisabeth s’occupe du thé et moi de l’eau.

Moi du repassage et Elisabeth de la lessive.

Elisabeth de la cuisine légère et moi des crêpes.

Moi d’innover et Elisabeth de critiquer.

Elisabeth de mon vagin et moi du sien.

Moi de ma voiture et Elisabeth de la sienne.

Elisabeth de mes filles et moi des siennes.

Moi d’Elisabeth et Elisabeth de moi.

 

//.Le fait de devenir grand-mère renouvelle ma plume d’un duvet transi.

 

Mon histoire de femme se déroule comme prévu.

 

Rien ne venant détruire ma libido, si le paradis existe elle devrait m’y retrouver.

 

Mon caractère demande des préliminaires romantiques et après je suis lente.

 

 

 

4.2.2008

 

//.Il est parfois des montagnes qu’on hésite à affronter tant elles paraissent hautes.

En ce moment, je suis au pied de l’une d’elles, qui pourrait bien changer ma vie du tout au tout,

Me faire avoir des cauchemars, de longues nuits blanches et très peu de sexualité.

 

En écrivant cela, je me demande bien pourquoi je me lance à gravir une telle montagne.

Mature, j’avance la folie; juvénile, mon amour pour Elisabeth.

 

//.Ce matin, première visite venue de Chine.

Bienvenue à vous, si vous lisez cela.

 

//.Le plaisir d’être en meute permet d’aller sentir la tétine d’autrui,

Y flairer du plaisir consommé.

J’apprécie la proximité simple du plaisir d’être avec.

 

//.Entre elles, ta chaleur manuelle.

 

//.Les pensées en spirale sont dans ma vie sociale de lourds pavés reliés avec des boudins creux.

Les pensées en spirale sont dans ma vie de couple celles d’Elisabeth.

 

 

 

5.2.2008

 

//.Hier soir, tu as verni tes ongles pour me faire l’amour.

 

//.Quand le soleil de midi éclaire le froid, je suis bien auprès de toi à nous promener un peu, à discuter de tout.

 

//.Des dates, des dates et encore des dates, des heures éparpillées qui finissent par se superposer, se pousser, se déplacer,

Remplir des pages d’agenda où ce désordre quotidien développe ma vie.

 

//.L’art de passer à côté d’un idéal féminin est de l’idéaliser.

 

//.La solitude disparaît avec la distance.

 

 

 

6.2.2008

 

//.Le danger prend les formes de notre conscience.

 

//.Belle-maman est une marionnette à la santé précaire dont les fils se cassent peu à peu.

 

//.Hier soir, pour Mardi-Gras, arrivée tard,

J’ai fait des crêpes avec une disponibilité toute entière.

La table à manger est vite devenue une plage de sucre fin plantée de bulles fines.

 

//.Je suis une femme poule accomplie bien au-delà des exigences de la nature.

 

//.Pensez-y, tout de même, ou n’y pensez pas.

 

//.Nos langues fourchues qui retournent les foins de nos champs d’amour.

 

 

 

7.2.2008

 

//.Tu éteins si bien mes ailes enflammées.

 

//.Mes reins cambrés sous l’arc de tes doigts électriques.

 

//.Si parait-il je suis un pilier

C’est sans doute dans les marécages de lagunes vénitiennes

Car je rêve dans mes larmes d’écriture.

 

 

 

8.2.2008

 

//.Tes lèvres de nacre blanche sur mes lèvres de nacre rose,

A rouler nos graines de folie.

 

 

 

9.2.2008

 

//.Hier nuit, soirée tout contre Elisabeth avec Le Roi Lear

Où je fus sous le charme de travestissements heureux,

Prise par le jeu du roi et de sa fille,

A écouter jouer Shakespeare,

Retrouvant un peu de la cour d’honneur.

 

//.Notre couple s’habille des temps de l’amour.

 

//.Elisabeth exsude son essence

Huilée de culture.

 

//.Ce samedi matin était fait de boutiques et du pressing,

De noisette et de thé,

De coiffure et du manucure,

De la presse et du marché,

De camélias et du repas,

Une salade de pintade et des concombres croquants

Avec de la crème fraîche et de l’aneth,

Arrosée de champagne frais et d’un baiser d’amandes,

Nos lèvres luisantes et nos langues salées.

 

//.Soirée avec Elle et Lui, nous et les crêpes, la Chine et la nuit,

Les filles occupées à dormir ensemble après leurs jeux de doigts.

 

 

 

10.2.2008

 

//.Le silence du matin, le premier brin de nos amours,

Les pieds nus, chancelant dans son réveil.

- Maman.

 

 

 

11.2.2008

 

//.Les astéroïdes de ton cœur s’écrasent dans les vals de mes courbes,

Sur les monts de mon désir et les mers de mon plaisir,

Me laissent lunaire, criblée d’amour.

 

//.Il pleut sur mes mots les fleurs blanches de ta peau et leurs pétales se collent sur les lettres de mes doigts.

 

 

 

13.2.2008

 

//.Tes longues mains balancées à tes poignets et mes lèvres qui les vénèrent,

Chiennes fidèles qui se font belles du bout de la langue.

 

//.Je suis une vraie lesbienne faite de pulpe sexuelle et de fraîcheur candide,

Qui se laisse goûter dans les kermesses et les foires,

Entre deux verres et les manèges où tu m’étreins,

Perdue dans les néons et l’hystérie de mon âme d’enfant.

 

//.Mes yeux voguent sur vos écrits

Tel une flottille désarmée auprès des dentelles sur vos côtes

Où vos seins ouvragés dominent votre nombril de soie

Que je tète, un doigt ou deux perdus entre mes bas.

 

//.j’admire chaque jour tes fesses,

Leur beauté ronde et leur pâleur onctueuse,

Ces fesses de femme séante qui se rappellent à mes respects.

 

 

 

14.2.2008

 

//.Notre sang s’écoule sur nos lèvres pâles.

 

//.Sur un de nos plateaux d’argent où traîne la théière empire,

Tes cigarettes et ton briquet, le cendrier de cristal vide et tes doigts qui tâtonnent,

Tremblants, humides, tes ongles vernis de nacre rose pâle.

 

 

 

15.2.2008

 

//.Sous ta peau et tes eaux, toute ta chair.

 

//.Ma fille s’interroge sur sa fille,

Maman sur sa fille et sa fille sur sa fille.

Et toi sur moi et moi sur toi, sur notre âge qui s’est avancé sans que nous y prenions garde.

Aujourd’hui, nous avons évoqué pour la première fois une autre vie, plus discrète, plus tranquille,

Inimaginable et nouvelle.

 

//.Je n’imagine aucune autre femme que toi dans ma vie,

Absolument personne d’autre.

Et toi non plus, toutes les deux enlacées dans le salon, faites d’amour et d’eaux fraîches.

 

 

 

16.2.2008

 

//.Je suis heureuse de ce qui m’arrive : aucune visite ici bas ne se fait avec un moteur de recherche.

Je ne retrouve pas les alignements d’insanités qui me choquent toujours.

Lisez, lisez, je suis bien avec vous.

 

//.Tôt ce matin,

- Tourne-toi, aller, tourne-toi,

Tu m’as aimée.

 

//.Tes reins calés dans le cuir d’un fauteuil de bureau à roulettes gainées de caoutchouc,

Tu as sombré dans mon désir de te voir encrée, ta plume taillée, tes doigts à l’exercice,

Devant ce bureau de merisier où le cuir noir à dorures patinées attendait la douceur de ta peau.

 

 

 

17.2.2008

 

//.Nos corps balancés par les filles,

Nos mains agrippées aux manches de nos couteaux de cuisine,

Nos viandes d’York taillées en pièces

Pour un dimanche à la montagne.

 

//.Dans la blondeur du matin et ta pâleur embrumée,

Tu portais des mi-bas noirs et un déshabillé blanc.

- J’avais froid aux pieds.

 

//.Sur les chemins aux versants de paille brûlée par le froid,

Nous étions seules, le teint rougi par le soleil,

Heureuses à éclabousser les cascades d’eau glacée,

A rouler dans l’herbe et nous aimer.

 

Pourtant, traversant en silence les rocailles nous surplombant,

Cinq isards nous observaient, exhibant leur robe rousse et leur croupe fendue.

Je ne pus alors, en observant leur grâce et leur tranquillité,

M’empêcher de songer aux chasseurs postés plus bas dans la vallée,

Au panneau sur la route badigeonné d’un « Attention chasse en cours » censé nous protéger.

 

Ils étaient probablement là pour les sangliers

En attendant l’automne, de pouvoir charger les lunettes de visée

Et devenir, le temps d’une permission, les snipers des bêtes de nos montagnes.

 

 

 

18.2.2008

 

//.La nuit s’est éveillée un instant

Quand Marie s’est glissée entre nous.

 

//.Ce matin, notre mémoire engorgée traversa notre larynx.

 

//.Toutes ces heures veinées de jade oculaire

Où nos corps se lèchent et se caressent,

Où nos abeilles se piquent de ce jeu.

 

//.La Garonne s’habille des oiseaux d’eau

Qui pondent dans mes yeux les rêves

D’un océan.

 

//.Tes cheveux enroulés, tirés en arrière,

Ton visage nu, tes lèvres ouvertes,

Tes narines écartées, tes yeux mouillés,

Tu avançais sur moi qui cessais de lire, allongée, accoudée sur le côté,

A t’observer avec stupeur.

 

Tes seins se balançaient et tes doigts se tournaient en cuillère,

L’index et le majeur hésitant.

 

J’ai encore douté un instant et puis non.

 

//.Tes seins libres dans ton marcel aux bretelles tombantes,

Ta gorge veinée et le téléphone qui sonne.

- Maman ? Non, non, tu ne nous déranges pas.

 

//.Je sais que tu es là lorsque tes seins mouillés se collent sur ma peau,

Lorsque de derrière tes lèvres monte le râle de ton ventre.

 

 

 

19.2.2008

 

//.Le ciel est gagné par la fièvre des oiseaux qui façonnent leurs nids.

Partout sur les murettes et les toits, dans les arbres et les herbes,

Des volatiles pressés se posent un instant,

Disparaissent aussitôt.

 

Et de ces ventres de paille sortiront des piaillements stridents

Tandis que sur le drap bien propre d’une clinique près de chez nous,

Ton ventre ensanglanté s’ouvrira, Anaïs,

Au cri de ton enfant.

 

Qui serons-nous devenues à ces heures de Pâques ?

 

//.Quand tu sors, tes clefs à la main et ton sac sur l’épaule,

Ta dernière attention est de me brûler.

 

 

 

20.2.2008

 

//.Une chaussure sur la table, une culotte pas très loin,

Nos vêtements pêle-mêle sur les chaises et les meubles,

Mes seins fatigués et mon ventre creusé,

Je contemple, nue dans le froid,

Le champ de notre bataille.

 

//.Gaëlle, Emilie et Marie en file indienne sur

Le chemin du petit-déjeuner.

 

//.Journée de grand nettoyage où chacune met sa main dans la pâte.

 

//.Trois cuillères de lessive St Marc dans deux litres d’eau,

Voilà la recette du jour.

Après quelques éponges à gratter,

Quelques découragements larmoyants et des mains râpeuses qui sauront aimer sans riper,

Le résultat est là, lumineux et propre : les murs ont retrouvé leur blancheur et les azulejos leur océan.

 

Tout est dépoussiéré, rangé, astiqué,

Les sols lavés, les araignées chassées,

Les loups retournés dormir, les bassines emboîtées,

Les balais dans leurs placards.

Ouf !

 

//.La nuit s’est éteinte petit à petit sur l’image de notre passé.

Tu as ouvert tes yeux dans la pénombre tandis que les filles jouaient au loin, dans leur chambre,

Et de ton regard est naît ce sourire qui a découpé ton visage exactement sur tes lèvres marquées de leurs fossettes.

Sans un mot, sans même nous regarder, nos bouches ont retrouvé le délicieux amour que parlent nos langues hésitantes.

 

 

 

21.2.2008

 

//.Nos doigts,

Nos lèvres humectées, nos soupirs étouffés,

Nos corps sur nos cuisses,

Nos jambes dénudées.

 

//.Offrir un coffret de chocolats à un homme en guise de merci,

Noirs de fève à l’orée d’un cigare.

 

//.Etranglées, ta bouche sur mes lèvres,

Tes mots d’écaillère sur la grève de mes nymphes.

 

//.J’écris en marge de la littérature les parchemins de ton corps.

 

//.Lorsque tu te cambres, ta queue saille sous mes doigts, vestige fourré de moelle vertébrale.

 

//.Ce soir encore, nous gagnons à nous retrouver.

 

//.Rien n’est plus incertain qu’une certitude.

 

 

 

22.2.2008

 

//.Sur les six heures, tu lisais déjà sur mon visage, une main entre mes cuisses.

 

Me tournant, tu es revenue à la ligne de mon ventre, ta main en majuscule.

 

Une main sur ta hanche, mes lèvres sur tes lèvres et mes yeux dans tes yeux,

Je me suis faite baisée, traitée d’un amour expérimental

Où tu as monté en neige les blancs de mon vagin,

Où j’ai demandé ton corps, ta peau pour me traîner un peu,

Me blottir et mourir.

 

//.Elisabeth est euphorique, trempée de lecture.

 

//.Nous cultivons une histoire semée au creux des cœurs défrichés de nos âmes remembrées.

 

//.La lumière éclaire les ombres.

 

 

 

23.2.2008

 

//.Ma vie est découpée en chiffons dont je compose un patchwork.

 

//.Gaëlle est rentrée presque tôt, en chuchotant dans l’entrée avec une inconnue.

Elles sont ensuite allées dans la cuisine et, en pleine lumière, ont fait un peu d’amour et bu avec quelques fruits.

Je me suis rendormie et ce matin, dans l’entrebâillement de la porte de sa chambre,

Elle dormait dans les bras d’une fille dont je n’ai distingué que la chevelure brune.

Avec Elisabeth et les filles, nous n’avons pas fait de bruit pendant tout le petit déjeuner

Quand, vers sept heures et demi, deux anges en tenue d’Eve sont apparus.

 

//.Parfois, je doute de moi-même, me demande si je suis encore une lesbienne.

Elisabeth accepte alors de passer son gode-ceinture antédiluvien, tiré de son trousseau de célibataire aux valises défaites

Et me regarde la sucer, faire reluire sa parure virile qui menace mes demeures les plus craintives.

Elle se couche sur le dos en se caressant entre les lanières, les seins aux aguets, les lèvres pincées.

En descendant le long de son pénis, je ne peux m’empêcher de lui prendre les mamelons et de les pincer sans excès,

De frémir en mouillant mes yeux dans son regard, sur son nez et ses lèvres,

Sur son visage intrigué et un peu inquiet, jamais très rassurée quand je m’interroge ainsi.

Ses mains sur mes cuisses, accompagnant sans bouger les pensées qui me transpercent,

Elle se rassure en me voyant rosir, rougir et scintiller, mes seins en poires tombantes et mon ventre tremblotant,

Ecarte à peine ses lèvres, sa langue prête à me recueillir.

Dans un baiser très fougueux, je m’écrase alors d’une seule femme sur elle,

Mon vagin contracté sur son gode, mon cul ouvert, impatiente de la retrouver, de regagner sa vulve, ses plaintes et son ventre,

De l’embrasser dans ses eaux, de me baigner à pleines lèvres dans le trou d’eau de son torrent d’émoi,

Nager à pleine langue et la sentir vivre dans mon vagin resté ouvert, gouffre béant de mes doutes profonds.

Je me glisse le long de son gode, la déshabille avec précaution, le dépose au pied du lit et descend entre ses jambes, les écarte davantage,

Souris une dernière fois à Elisabeth d’une moue entendue, l’embrasse et me tourne, lui offre mon plaisir à demeurer sa gouine. 

 

//.Elle me parlait avec ses lèvres découpées au fil à beurre dont je devinais qu’elles en pinçaient pour les miennes tartinées de rouge Hermès.

Assises à la table d’un café éclairé des lumières d’un après-midi ensoleillé d’hiver,

Nous continuâmes à intriguer tout en nous rapprochant insensiblement l’une de l’autre, nos doigts, d’abord, puis nos mains et nos caresses discrètes.

Elle tripotait nerveusement ma paume lorsque enfin elle se décida à croquer mes lèvres.

 

Sur la table du salon, les lunettes d’Elisabeth de l’été dernier prennent un ultime bain de soleil dans un environnement de poussière

Que le plumeau fait de plumes de poules roses, complètement secoué, entretient en bondissant d’une étagère à l’autre, d’un rayonnage de livre à l’autre.

Elisabeth, sa longue crinière blonde en chignon, l’harmonie de son galbe sculpté dans les veines les plus délicates des marbres de Corinthe

Recouvert de mailles synthétiques violettes, danse nus pieds sur les tapis d’Orient, en équilibre entre l’escabeau et la chaise à bascule de son bureau.

 

Accroupie dans les feuillages de ses dossiers éparpillés, les orteils et les doigts violacés, elle a passé la matinée en culotte de lycra blanc

A trier le contenu accumulé de ses papiers oubliés depuis longtemps un peu partout autour d’elle.

- Tu partages avec moi, un carré de chocolat ? Me proposa-t-elle, à mon arrivée.

Après un refus poli, je finis par accepter.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Je ne sais pas, je suis barbouillée.

Machinalement, j’ai croqué le bout de chocolat et sucé mes doigts.

 

 

 

24.2.2008

 

//.Avec Elisabeth, nous avons une passion sexuelle l’une pour l’autre, agrémentée de poussées de fièvre extraconjugales.

Hier, quand Joy a mis sa main entre mes fesses, ses doigts en poing dans mon vagin,

Elle a aussi défait mon cul, ouvert à ses doigts et sa langue.

Quand elle m’a lâchée, je me suis retournée et l’ai embrassée, embrassée en écartant les cheveux de son visage fier, en prenant sa tête entre mes mains tremblantes.

Plus tard, enlacées, Joy m’a demandé

- A quelle heure ?

- Bientôt…

Elle a alors mangé mes lèvres et j’ai troué son ventre d’une main assurée.

 

//.Hier soir, Elle était ravie, heureuse et pétillante, Elisabeth radieuse, Lui au téléphone puis avec nous.

Juliette et Noëlle nous ont faits rire, composant du spectacle avec leurs bras et leurs jambes, leurs mots et leurs cris,

Avant de s’endormir, épuisées, tandis que Lui baignait dans un bien-être discret.

 

Tôt ce matin, les filles sont parties la semaine au ski avec des amies et leurs enfants.

Gaëlle également, après d’interminables adieux à sa fée du moment.

Anaïs est à peu prêt en couple.

 

10:00, le soleil perce les nuages du petit matin.

Nous partons à Luchon avec Juliette et Noëlle, voir si la jonquille qui le week-end dernier n’avoit desclose

 

//.Il est hors de saison de trouver des jonquilles en altitude.

Par contre, il s’en trouve dans les jardins.

La neige donne à la chaîne montagneuse des airs de mâchoire canine.

L’air d’altitude brûle nos poumons, le soleil notre peau.

Puis l’autoroute, les feux des lampes de voitures pressées et Toulouse en soirée.

 

Dans la pénombre de leur chambre

S’entendait une berceuse chantonnée à l’intension de Juliette et Noëlle

Qui m’observaient avec leurs grands yeux félins,

Elisabeth courant dans les hautes herbes de ses pensées,

Ses mains et ses bagues préoccupées par mes seins.

 

 

 

25.2.2008

 

//.Dans la nuit, après avoir fait pipi, essuyé mes lèvres de quelques tranches de papier doux,

Je suis allée dans le salon éteindre la lumière que nous avions due oublier.

Elisabeth était là, allongée dans le canapé de cuir blanc, à lire

Sur les coussins de lin, sous la couverture de mohair.

 

//.Chaque goutte de mes mots se forge de mon sang.

Anémiée, devenue génisse de lait,

Je suis goûteuse et fondante,

Parfaite, accompagnée de champignons et de crème fraîche.

 

//.J’éprouve un sentiment d’accouplement à lire celles qui font mouiller

La crème de mon crayon.

 

//.La couturière va nous remonter les jupes au-dessus des genoux.

Autant montrer nos fines articulations de femmes plaisantes.

 

Accompagnée d’une théière de Genmaicha,

Elisabeth commence Millenium 2, de Stieg Larsson.

 

//.Quand je lui prépare à dîner, juste à nous deux,

Elisabeth est ravie et moi de même.

 

Tout à l’heure, j’ai adoré l’observer picorer au hasard,

Tel un poussin espiègle aux grands yeux de séducteur qualifié,

Passer à table avec ses seins tendus,

Attendre la manifestation de ma déférence afin de déployer toute l’étendue de ses fossettes et de ses manières rougissantes,

Ses lèvres gourmandes s’écarter, suspendues soudain par les « Maman ! Maman ! » joueurs de notre fille au ventre plein.

- Juliette… mon trésor…

 

//.Les filles sont aux portes du sommeil, aux prises avec les histoires d’Elisabeth

Qui mitonne une soirée en amoureuses.

- Chandelles !

 

 

 

26.2.2008

 

//.Un œil s’est ouvert, puis l’autre.

J’ai soulevé la tête et regardé l’heure, 7:14.

Elisabeth s’est tournée sur le dos et moi sur son ventre, une main sur son sein que j’ai trouvé petit, puis sur son ventre,

Son sexe et son vagin, ses cuisses, un baiser sur ses lèvres.

Elle dormait.

 

9:30, l’air vif chasse l’air vicié.

Choisir le cadeau d’anniversaire de maman pour ses soixante-dix ans.

Nous excuser de ne pouvoir aller à un mariage en mars, aux fins fonds de l’Europe.

Les enfants jouent ensemble.

Elisabeth se lave les cheveux.

 

10:21, Elisabeth, de gauche à droite : Nue, faite de paille et de soie.

10:22, Elisabeth, de droite à gauche : Nue, de la lingerie de dentelle noire à la main.

10:24, Elisabeth, de gauche à droite : Nue dans ma culotte noire.

10:26, Elisabeth, de droite à gauche : En culotte, le sèche cheveux et une brosse à la main, oubliés sur la coiffeuse.

10:28, Elisabeth, de gauche à droite : Sourire pressé.

10:29, Elisabeth, de droite à gauche : Nouveau sourire pressé.

10:30, moi, de droite à gauche : - Tu veux du thé ?

10:30, Elisabeth, dans la salle de bains : - Oui. Je me sèche les cheveux et on va y aller ?

10:31, Juliette, à droite : - Maman !, pleurs et hurlements.

10:32, Noëlle, à côté de Juliette : Pleurs et hurlements.

10:33, Elisabeth, à la porte de la chambre de nos filles : Qu’est-ce qui se passe ?

10:34, moi, assise entre Juliette et Noëlle, à ausculter le crâne sain et sauf de Juliette : - Juliette s’est cognée.

10:35, Elisabeth, agenouillée à côté de moi : Oh ! Mon ange ! Tu t’es fait mal !

10:36, Juliette, dans les bras d’Elisabeth : - Ma… snif… ma… snif !

10:40, Juliette dans les bras d’Elisabeth, Noëlle dans les miens, de droite à gauche, en direction du bac à glace.

 

//.Etendue devant elle, accoudée non loin des filles à la sieste,

Ses mots effleurent ma peau, elle qui est déjà morte, Virginia Woolf.

Mon bonheur est à la mesure de Marguerite Yourcenar,

Je suis sous le charme.

 

Mes ailes mazoutées par le quotidien, un peu moins engluées, disposent de mon corps.

Mot à mot, s’élève la fumée de l’âtre de mon âme.

J’avais une envie forte, comme celle de mourir.

Il va pleuvoir.

 

 

 

27.2.2008

 

//.Que faut-il faire pour être grand-mère ?

Que faut-il être pour faire grand-mère ?

Cet après-midi, en observant maman, j’avais l’impression de connaître sa réponse,

Elle qui va devenir arrière-grand-mère.

 

//.Je suis lente, infiniment lente à aimer.

 

//.Serait-il indiscret de vous avouer mon envol vers l’écriture de Virginia Woolf, alors qu’elle est tant célébrée ?

Je me demande pourquoi je suis restée si longtemps devant la porte de ses lignes, si proche.

 

//.Un jour je serai célèbre, mais je ne sais pas pourquoi.

Un jour je serai morte, mais je ne sais pas quand.

 

//.Si on me demandait d’être tout à fait sexuelle, je prendrais mes jambes à mon cou.

 

 

 

28.2.2008

 

//.Réveillée soudain par mes calculs des temps modernes, j’ai secoué mon amour de femme en lui expliquant le pourquoi du comment.

J’ai reçu une avalanche d’injures poudreuses.

Tournée aussitôt dans l’autre sens pour bouder, je lâchais encore.

- N’empêche…

- Non, tu refais tes calculs. Ce n’est pas comme ça qu’on s’était organisées.

Ça m’apprendra.

 

//.Ma robe sent mon ventre.

 

//.Elisabeth a de longs cheveux blonds, de grands yeux verts,

Tout comme les miens sont noirs et courts, petits et marrons.

Nous sommes des lesbiennes entièrement complémentaires auxquelles il a été prédit bien des orages.

Aujourd’hui, où nous formons un vieux couple,

Forcé de constater que notre bonheur est là.

 

//.Nue, rêveuse, étendue sur la longue plage de ton verbe,

Excitant l’entrée de mon urètre, mon méat béat m’attendait pour pisser.

 

//.Pour me masturber, je préfère être seule.

Sauf, parfois, comme ici.

Tout d’abord,

1 - Je me caresse les cuisses, l’entrecuisse, le ventre et les seins, le visage, la nuque, les cheveux, un peu partout où ma libido se rappelle que j’ai besoin d’elle.

2 - Je descends une main dans mon jean et fais sauter le bouton, zipper la braguette.

3 - Là, la culotte doit être mouillée et je me caresse avec, l’introduis, la frotte sur mon cul, la contourne et y retourne.

4 - Quand il fait bon se dévêtir, quand le printemps devient l’été entre mes cuisses,

Quand je mouille de tous mes pores, je tire sur mon jean, rafraîchis mes fesses, aère mon ventre, mes cuisses, mes jambes,

Me retrouve habillée de la tête au nombril.

5 - Mes doigts prennent mon trou de vagin, ressortent comme des chiens flairant, tripotent mon clitoris et l’intérieur de mes grandes lèvres,

Malaxent les nymphes et fondent vers l’anus.

6 - Entre les deux trous, je suis follement sensible, dénuée du moindre sang-froid.

7 - C’est là, en fait, que tout commence.

8 - Mon cul s’ouvre petit à petit, mon sphincter se relâche et mes doigts s’y glissent sans trouver de véritable résistance.

9 - Mon vagin est alors une carpe et ma vulve ses branchies, ce poisson de mon étang branlé modestement au retour du rectum.

10 - Dans un mouvement de spatule qui tournerait de la pâte à crêpe, je fais le tour du propriétaire, de mes lèvres à tremper.

11 - Mon clitoris ne se donne pas au premier asseau, mais ne résiste guère, pointe sa pointe derrière le nez de mon grand capuchon.

12 - Je suis alors toute excitée, le sein pointu, les aisselles mouillées, faisandée pour ta personne, toute entière à te réclamer.

 

//.Trêve de luxure, je retourne dans Les Vagues.

 

//.Je n’existe pas.

 

//.Tournure de mots : La meute de beurre des mottes de foin hurle avec les bottes.

 

 

 

29.2.2008

 

//.L’année du double sis.

 

//.La réflexion, je me la suis faite tandis qu’assise sur la cuvette des toilettes, je lisais Marie-Claire.

Il était question d’un article sur les mères qui tuent leurs enfants.

Et de me souvenir d’Helene qui vivait avec trois hommes et une femme sous le règne de Sade,

Sans pilule, sans protection et qui un matin a frappé à ma porte pour me demander de l’aider, elle pensait être enceinte.

Elle n’était pas enceinte mais de cette période où le corps reprend tous ses droits est né notre couple.

Bien plus tard, quand elle est réellement tombée enceinte, son ventre en escargot,

Nous étions toujours les mêmes, amantes du silence.

Sur le faire-part de naissance était écrit mon prénom, pour ce bébé qui est devenu une très belle jeune femme blonde aux yeux bleutés.

En tirant la chasse d’eau, j’étais avec Helene, comme je le serai toujours.

 

//.A Elisabeth, j’ai fait cet amour tendre et infini qui accompagne la jouissance.

Je ne pouvais rien lui faire d’autre ce matin que de la toucher dans sa douce beauté intérieure.

Je ne lui ai ni caressé la vulve, ni l’anus,

Juste ses fesses, son bassin et son fémur, l’intérieur de ses cuisses et ses hanches, ses côtes, son sein,

Avec mon avant-bras et ma main, avec mes lèvres dans son cou.

Et puis, quand elle a miaulé son plaisir, feulé qu’elle était en plénitude,

Je l’ai reculottée avec les manières d’une maman appliquée et elle m’a tendu ses mains comme une chienne faisant la belle.

 

//.Ma meute de louves nues habite ma solitude d’écrivaine.

Elle me couvre et me féconde.

Et je mets bas ces quelques mots qui me tètent et vous appartiennent.

 

//.Je cours nue dans les champs de tes duvets, me roule dans la soie de ta peau,

Ecoute sur tes lèvres le chant de tes mots, et ris, ris, ris, quand tu te renverses

Sur moi, chavirée de tes yeux dans mes vagues d’écume, toutes les deux seules,

Nues à croquer, femmes, parfaitement femmes.

 

 

 

1.3.2008

 

//.Ce matin, n’en faisant qu’à ma tête, j’ai passé mon marcel favori, de coton blanc, et

Mon fidèle compagnon, un jean d’été, bleu pâle et fin, sans ceinture.

Pieds nus, je n’ai rien d’autre sur moi, je suis bien.

Les filles arrivent tout à l’heure.

Elisabeth s’est recouchée, Juliette et Noëlle sont dans leur chambre.

 

//.Elisabeth m’a offert deux toiles pour la peindre en couleur.

Une commande amoureuse.

 

//.Les tranches de vie sont toutes les mêmes tant qu’on ne change pas de pain.

 

//.Avec le soleil et les vacances,

Les filles sont revenues heureuses comme des amoureuses et bronzées sans nuance, à la manière de la campagne.

Gaëlle est déjà repartie.

 

 

 

2.3.2008

 

//.Léchée de part en part entre le nombril et les genoux,

Mes doigts dans ton cerveau, chevauchant avec quelques bagues rondes dans les forêts de ta chevelure,

Cavalière perdue dans des songes d’écuyère ailée.

 

//.La nuit fut délicieuse, accompagnée d’un coulis de Gaëlle revenue tard et enfumée,

Incapable de dormir seule.

Elle s’est blottie contre moi et nous a raconté son histoire d’amour,

S’est endormie près de la source vive des prairies de ses rêves vallonnés.

 

//.Hier, j’ai peint Elisabeth de cinq à sept, partie retrouver une amie.

 

//.Noyées parmi les promeneurs du dimanche après-midi, ta main était chaude et tes lèvres brûlantes.

Anaïs nous a retrouvées vers quinze heures avec son amie, une déesse au sourire envoûtant qui parle paix avec son corps,

Est heureuse de tout, déjà maternelle avec les filles.

Elisabeth l’apprécie et moi aussi.

 

//.Je serais heureuse qu’avant de me lire,

Le lecteur prenne le temps de s’approprier la voix de Marguerite Yourcenar,

Qu’il l’entende faire la lecture.

 

 

 

3.3.2008

 

//.Sombre, je me ferme à moi-même,

Claire, je m’ouvre à toi.

 

Rose, je deviens rouge,

Rouge, je deviens une cerise.

 

//.Ta chair déteint sur moi.

Claire, je suis effrayée,

Affolée de savoir que nous perdons.

 

//.Tout est trop rapide de

Notre couple qui s’écoule en cascade d’Oô.

 

//.Nous avons vraiment besoin de toute l’éternité pour nous aimer assez.

 

//.Drapée de rouge et blanc, Elisabeth ne trempe jamais ses yeux dans mes larmes.

Aussi, j’aime servir de mouillage aux yachts oculaires battant pavillons rouge et blanc.

 

 

 

4.3.2008

 

//.Dansent, dansent, les rêves de nos corps alanguis.

 

//.Main dans la main, dans le brouhaha familial qui nous dévisage à demi-mot.

 

//.Sur cette plage morte où nos corps sont entiers.

 

//.Je me demande pourquoi je suis devenue lesbienne et tu me soupires que je ne suis pas seule.

 

//.En ce moment, tu éprouves un plaisir d’égyptologue à fouiller le delta de mon vagin avant ses crues.

 

 

 

5.3.2008

 

//.Pas un jour ne passe sans que tu détrousses mes lèvres.

Pourtant, si je tremble aujourd’hui, c’est d’être indisposée.

 

//.Sortie faire quelques courses,

Je n’ai pu résister à t’offrir un gros bouquet de tulipes.

Et, bizarrement, tu m’as remerciée en soulignant que je sentais bon la femme.

 

//.Ta main peut se promener sur mon corps comme dans un parc et marcher sur mes pelouses autant que tu le veux.

 

//.Dans la vie, j’ai la complicité de femmes volontaires.

 

//.Je voudrais être un Sterculier fétide pour que tu me fasses l’amour à en devenir folle.

Dans mes cauchemars, je suis nue aux prises avec tes doigts, une pistache grillée.

 

 

 

6.3.2008

 

//.Les oiseaux s’époumonent malgré les quelques degrés du vent glacial.

 

//.Mon âme est faite de pigments chlorophylliens. 

 

//.Je suis lessivée, blanchie, presque bleutée de fatigue.

Il y a des jours où j’aimerais avoir le cerveau disponible pour écrire un peu.

Heureusement Elisabeth est là, adoucissant hypoallergénique de mes tissus cellulaires.

Suspendue à tes lèvres, je m’endors déjà…

 

 

 

7.3.2008

 

//.Dialogue fait d’un humour de lait baigné dans l’intimité du petit-déjeuner.

 

//.Si je ne dispose plus tout à fait de mon vagin,

Il me reste mes seins, tes mains, tes lèvres et tes dents.

 

//.Je traîne derrière moi un panier dans lequel tu jettes souvent une main d’un geste large.

Tu en ris alors à gorge déployée et recommence en t’esclaffant,

Butineuse de mon cul.

 

//.Spectacle du jour au crépuscule :

Il n’y a rien de plus triste à observer qu’une femme quittant son amante pour courir rejoindre son homme garé non loin.

 

//.Je suis poursuivie le jour par des hordes de loups qui rêvent la nuit de me dévorer.

Je poursuis le jour des hordes de loups qui rêvent la nuit que je les dévore.

Je suis poursuivie la nuit par des hordes de loups qui rêvent le jour de me dévorer.

Je poursuis la nuit des hordes de loups qui rêvent le jour que je les dévore.

 

//.Je me présente : florence SIS, simple gouine.

Age réel : 45 ans moins 1 mois.

Age affiché : beaucoup moins.

Tour de hanche 98, tour de taille 62, tour de poitrine 113.

178 en centimètres.

En couple avec Elisabeth depuis très longtemps,

Je suis écrivaine aux heures creuses et sexuelle quand j’ai un creux.

J’ai été amoureuse plusieurs fois, souvent de la même personne.

Je lis de gauche à droite et aime repasser tes vêtements.

Je m’épile avec différents accessoires, de la pince à la cire,

Seule ou accompagnée.

Quand j’étais enfant, j’étais une vilaine petite cane.

Aujourd’hui, je suis gentille, mais je ne suis pas la femelle du canard.

 

 

 

8.3.2008

 

//.Hier soir, vers 22 heures, partie rejoindre Elisabeth,

Nous rentrions tranquillement en léchant les vitrines, en longeant les attroupements de fumeurs stationnés en devanture de bar et restaurant,

Quand, nous sommes restées admiratives devant deux filles s’embrassant dans l’embrasure d’une porte jouxtant un bar.

Elles étaient fascinantes, longilignes et en jean, brunes dans l’obscurité où seules leurs cigarettes,

Qu’elles coinçaient entre leurs doigts descendus sur leurs fesses, lançaient des tiges blanches en contraste violent.

Il y avait, dans cette scène figée par leur baiser insistant, une beauté irréelle qui nous émut.

 

//.Je me suis réveillée

Encore plongée dans un rêve de carnaval où,

En fermant les yeux,

Je suis retournée aussitôt,

Regrettant avec amertume de ne pouvoir y emmener Elisabeth.

Furieuse,

Je me suis levée faire pipi,

Mais rien n’y fait,

Je suis à Barcelone.

 

//.Aujourd’hui, je suis comme une grenouille.

Je me demande à quel échelon de l’escabeau de mon bocal je dois me placer

Pour apprécier pleinement la venue prochaine d’Anne Archet en papier.

Aurons-nous droit au cyclone Anne, à un typhon, un ouragan, une tempête, une tornade,

Un orage, une averse, une pluie, une bruine, une risée ou un simple courant d’air frais ?

Comme j’ai gardé le couvercle du bocal, si ça souffle trop, je regarderai à travers le verre moulé.

 

 

 

9.3.2008

 

//.Il y a différentes manières de remercier.

En voici une, sous la forme d’un constat.

Ma meute se compose de lesbiennes garanties fières.

Je ne pensais pas, en les rencontrant, que j’en deviendrais aussi équilibrée.

J’en suis transformée, retrouve de ma féminité,

Le goût de me mettre en beauté et d’être nature.

A force de vivre dans le ronflement du quotidien,

Je ne me rendais plus compte que je m’étais autant attachée à satisfaire autrui.

C’est lent, c’est fragile, cette marche invisible vers ma liberté.

Ce matin, nue sous un voile de coton bleuté à motifs animaliers,

Une tasse de thé fumant pour seule compagne,

Elisabeth accrochée à ses rêves et les filles décidées à engraisser leur matinée,

Je suis florence.

 

//.Jaquette

                

 

//.Urne diurne et vulve nocturne,

Nymphomane de tes doigts,

J’ai, vraiment, vraiment besoin de te sentir dans mon vagin.

Ta main sur mes reins, descendue sur mon cul, a eu raison de ma patience.

J’appartiens à ton corps, à ta bouche, à tes étreintes et à tes doigts,

Toute nue sous tes caresses.

 

//.Il pleut.

Des pieds à la tête, les filles aux chaperons sont faites de caoutchouc coloré.

- Maman ! On y va ?

- Aller ! Maman !

Elisabeth, en culotte blanche de lycra sous son pantalon brun en toile et mon pull à col roulé vert en cachemire,

Dissimulée sous sa pèlerine fine de laine mauve, me tend son parapluie bleuté automatique à dix-huit baleines.

Il ne me reste plus qu’à enfiler mon nouvel imperméable gris clair aux boutons noirs et à glisser dans mes mocassins.

 

//.L’eau qui nous a trempées est arrivée tout droit du sol, gouttes de pluies accrochées aux feuilles, aux branches, aux clôtures.

Nous étions très vite toutes les deux les pieds dans l’eau glacée à rire comme des enfants, à admirer les filles et leurs jeux, leur curiosité juvénile,

Leurs joues devenant rouges et leurs yeux écarquillés.

 

Les pieds frictionnés, nus sur le parquet huilé, nous avons allumé le feu,

Probablement l’un des derniers de la saison.

La table est mise, l’appétit éveillé.

 

//.Le silence a gagné notre chez-nous où seul les derniers crépitements du feu nous accompagnent au lit.

Je suis propre, prête, faite pour cela.

 

 

 

10.3.2008

 

//.Heureuse, le bout de la langue encore électrisé par les lames dorées de la pile de ton écrin.

 

//.La nuit m’a conseillé de me méfier de tes gestes interminables qui me rendent bien plus folle que mes questionnements.

 

//.Je suis arrivée entre tes seins, la langue nue et les lèvres croquantes,

Quand tes mains parcouraient les astres sombres de mon dos vers mes lunes jumelles qui s’écartent sous tes doigts.

J’avais en main le plus bas de ton ventre, entre tes jambes écartées, entre nos lèvres rapprochées.

J’avais envie de nous deux accouplées à coups de reins,

Lorsque ta jambe s’est soulevée, ta cuisse m’a renversée et l’autre recueillie,

Et tu es partie de moi, m’abandonnant pour mes lèvres,

La chatte ouverte, dévorée et forcée.

J’ai mis du temps à te laisser entrer,

Mais tu étais chez toi, tu étais chez moi.

 

//.Assise à table, accoudée à regarder dans le vide,

Je t’admirais sans te voir, simplement heureuse d’être avec toi.

 

Nous avons bu un Martini Bianco avec beaucoup de glace et du citron,

Un peu en Italie, un peu sur nos lèvres.

 

 

 

11.3.2008

 

//.Endormie, errante, Elisabeth vis de réflexes dans les premiers instants de ce matin.

 

//.Ailée au-dessus de l’océan de mes textes qui me hanteront à jamais,

Qui jettent leur écume de Chine sur mes plumes battues par les vents de mon imaginaire,

Je suis abîmée.

 

Plus rien n’est un perchoir, plus rien n’est un horizon,

Aucun but n’accompagne mon rythme,

Je suis un oiseau de cœur.

 

//.Je parle avec des mots écrits,

J’écris avec des mots parlés.

 

 

 

12.3.2008

 

//.Ta peau étendue sur le lit, j’ai voyagé sur tes lèvres à la recherche d’un soupir.

 

//.Partie à la hâte, je suis revenue à l’improviste au bout d’une heure,

Heureuse à l’idée de te surprendre, de manger tes lèvres,

De boire dans tes yeux de thé.

 

Or, tu n’étais pas seule, bouleversée, les larmes suspendues au rebord de ton regard.

Je n’ai rien dit, tu n’as rien dit, l’une en face de l’autre.

 

Ce soir encore, tu écoutes Rolando Villazón,

Qui, je le reconnais volontiers, est un ténor envoûtant.

 

//.Que puis-je donner de concret alors que je vis dans les constructions symboliques d’une intériorité apaisée ?

 

//.J’aime, quand les premiers boutons de mon chemisier sautent, deviner dans la pénombre de mon corsage la présence de mes seins.

 

//.Il existe parmi les jeunes loups des taurillons qui tètent pour devenir des vaches et des génisses qui cognent pour devenir des taureaux.

 

//.Je suis devenue une observatrice du monde qui m’entoure

Et, si j’y prends place, c’est pour l’accompagner sans le conduire.

 

//.Entre autre plaisir, je vis d’amour et d’O. fraîche.

 

 

 

13.3.2008

 

//.Nos sentiments illuminent nos nuits.

 

//.Quand tu tangues, j’ai mal au ventre,

De cette douleur du cœur qui monte à la tête.

 

//.Je suis devenue entièrement homosexuelle un soir de printemps, assise parterre contre son lit,

Encore plongées dans une problématique dont nous étions fières de nous être tirées.

 

J’étais là, arrivée à l’heure de mon dépucelage,

Sortais des fourrés avec de la paille hétérosexuelle plein les cheveux,

A initier à ouvrir les yeux sur ce moi qui m’attendais.

 

Ma vie s’est alors naturellement coupée en deux, entièrement déchirée.

 

//.Dans notre nuit d’allégresse où scintille ta peau,

Couchée sous nos draps à t’attendre toute ouverte,

Vient ton corps se déposer auprès de moi.

 

Quelque part dans un rêve,

S’éveille ton désir sur mon corps pâturé.

 

 

 

14.3.2008

 

//.Le beau dans le temps est plus que le bleu du ciel et le soleil,

Il y a aussi, les sourires qui éclosent, le souffle de la douceur, les parfums de la bienveillance,

Le plaisir d’être soi-même.

 

//.Je n’aime pas quand on se parle seulement au téléphone

Que tes yeux sont invisibles.

 

Je suis inquiète pour toi et attendre ce soir, pour nous retrouver, m’est insupportable.

 

 

 

15.3.2008

 

//.Deux mouettes, sur le bord de l’eau, se disputaient à coups de bec,

Se pinçaient les ailes en les étirant sans excès.

 

//.Au théâtre, hier soir, à regarder « Un chapeau de paille d’Italie » d’Eugène Labiche,

Je ne pouvais m’empêcher d’être révoltée du texte de cette société du 19ème siècle.

Et ni la mise en scène, ni le jeu d’acteur, n’ont réussi à me détacher de cela.

 

//.Elisabeth a gagné une grosse bague très chère.

 

//.Elégante et soignée, les lèvres bien faites et le regard entreprenant,

Je bois du plaisir d’être belle.

 

//.Quand tu m’as prise par devant, tes deux doigts entre mes lèvres, ton intension la bienvenue,

J’ai caressé les doigts de ton autre main comme si tu étais dédoublée, ma bien-aimée et mon amante.

Tu es tellement double, femelle et confidente.

Je t’ai pris la main, l’ai serrée avec quiétude, rassurée d’aller jouir avec toi.

Cela a duré longtemps, ta langue et tes lèvres restées sur le pas de ma vulve,

Ta main fureteuse attentive à mes déhanchements, à mon plaisir émergeant.

Et, dans mon ventre désarçonné, sont montées mes glaires les plus fluides, tout le cracha de mon orgasme.

Il est venu soudain, comme tu sais me faire dégorger, en accélérant au moment opportun,

A la mûre saison de mon bonheur.

 

Maintenant, nous sommes sauves, mouillées jusqu’au coude,

Revenues de la sieste avec les sourires imbéciles de femmes savourées.

 

//.De lame de fond en larme de front, se vide de mes chairs l’énergie de notre amour.

 

//.Fiona s’est rappelée à mon souvenir le plus bon du goût de ses lèvres.

 

 

 

16.3.2008

 

//.Dans l’heure de 3 de cette nuit d’artiste lyrique,

J’ai remonté la gamme dans un élan joyeux,

Simulé avec une application sur planche.

 

Tout mon public fut conquis,

Ce qui me valut un bouquet de baisers, une claque et

La réplique joueuse d’une chatte sur mon corps brûlant.

 

//.L’agréable découverte d’hier :

Les textes d’époque d’une littérature à la coque

Avec des mouillettes saphiques de tailles différentes.

 

//.Je suis une nonne lesbienne qui se complait à réciter le bréviaire de nos nuits.

 

//.Je suis lente, follement lente, presque immobile devant l’évidence.

Heureusement, je suis également follement intuitive devant l’indicible.

 

//.« Qui dort dîne. »

Qui bâille cuisine.

 

//.En ce jour de second tour des élections municipales,

Si nous n’avions déjà choisi, il faudrait nous décider

De voter ou se vautrer ?

 

//.Tandis que nous lisions après la sieste, après la douche, avec du thé,

Moi assise et Elisabeth étendue sur le reste du canapé,

Les jambes ouvertes, ses pieds sur mes cuisses,

Je songeais, en observant le feu d’un œil distrait,

Qu’il n’y avait pas d’homme dans notre vie, pas davantage qu’un chien ou un chat.

 

//.Aujourd’hui, les filles ont fait des bouquets de pâquerettes dans les pâturages de notre promenade.

Et ce soir, au moment où les lumières se transforment en rêves,

Mes yeux se posent avec tendresse sur le petit bouquet qui baigne dans le vase de cristal.

 

 

 

17.3.2008

 

//.Ton corps se glisse hors de mes doigts.

Tristes instants de séparation.

Derrière la vitre, tes mots n’ont déjà plus de son,

Juste le mouvement de tes lèvres

Qui m’arrachera le cœur jusqu’à la nuit.

 

//.Je suis bien dans mon vase de gouine transparent.

J’y suis si bien que je suis capable d’y rester l’éternité entière à fleurir de mon bonheur.

Je n’ai jamais été aussi bien avec toi.

 

//.Le lundi est traversé des ondes fortes de l’écho du dimanche.

 

 

 

18.3.2008

 

//.Sous les nuages qui dansent dans l’eau du ciel,

Protéiformes et malhabiles, coléreux et menaçants,

Ta beauté d’ange se joue des ombres fugitives.

 

//.Fiona joue au chat et à la souris,

Tenue par sa barre de danse.

 

//.Fiona lape sur ma langue, les eaux de ses yeux.

 

//.Transpercé de mille regards,

Mon cerveau s’éparpille sur des papiers formels.

 

//.J’ai fait de toi une photo magnifique dans la cuisine,

Au cœur de ta beauté.

 

 

 

19.3.2008

 

//.Dans le matin froid, je traîne ma peau vers la boulangerie.

Les cantonniers terminent de nettoyer les rues, se retrouvent entre eux avec leurs machines et leurs balais.

Quelques chiens tirent sur leur laisse.

Les éclairages s’éteignent par bandes.

Un nomade rejoint sa voiture, accompagné de sa valise.

Le livreur de journaux fait le porte à porte quotidien avec son scooter rouge.

 

//.J’ai toujours l’impression, lorsque je touche un problème du doigt,

Que j’aurais tout intérêt à recommencer avec le nez.

 

//.Quand j’ai retourné mon vagin pour la première fois,

J’étais nue et désarmée.

 

//.Je t’ai offert mon sexe, le plus parfait de mes boutons, et, bientôt,

Mes doigts se sont épanouis et mes lèvres arrondies.

J’ai creusé mes reins, écarté mes jambes,

Admiré mes seins magnétiques,

Emue lorsque tu les suces.

 

//.Je sais être ta femme à la manière dont tu me touches un peu partout,

Jusque dans l’impalpable.

 

 

 

20.3.2008

 

//.Tu trouves en moi ce que je sens si fort quand je te suce les doigts.

 

//.L’un de mes plaisirs en suspend, presque un fantasme car trop rare,

Est de nous aimer devant nous, en miroir.

 

//.Je suis une citadelle de luxure telle une épave luxuriante

Où ton corps, fait de tout petits poissons, entre et sort,

M’effleure d’un battement de nageoire dans la houle chaude du courant marin.

 

//.Soirée avec elle et lui, à plaisanter de tout et de rien,

A être bien ensemble.

Le sommeil m’emporte, de bas en haut et redescend sur mes lèvres.

 

 

 

21.3.2008

 

//.Sur le rebord de ton bassin qui surplombe ta vulve depuis la cuvette élastique de ton ventre,

Ma main a profité de ton sommeil pour suivre la descente dans les ravines de tes lèvres retrouver le cœur même de ton vagin.

En m’éveillant plus tard, tu n’étais plus là, partie dormir sur le canapé.

Il me restait quelques indices de ton plaisir.

 

 

 

22.3.2008

 

//.Tandis que ma fille se prépare à accoucher,

J’ai tournoyé dans l’après-midi d’hier avec l’autre Anaïs de ma vie,

Occupées à nous butiner d’un étage à l’autre

Dans un ballet sensuel ouvert à nos réalités sexuelles.

 

//.Tes doigts sur mon corps ont incendié ma chatte

Qui maintenant attend beaucoup de cette nuit.

 

Je suis une salope,

Une gouine insatiable.

 

Quand tu écartes mes fesses, quand tu écartes mes jambes, quand tu écartes mes lèvres,

Je suis bien, toute à toi.

 

Te voilà de retour de la chambre des filles,

Quand elles dorment, les souris…

 

//.Nos sexes poisseux, nos cheveux broussailleux,

Les filles marquées de moustaches de lait,

Le soleil derrière la translucide cape du ciel de traîne.

Nos yeux en miroir sur notre beauté troublée,

Baignées de matière éclose, filles charnelles,

La sonnette a grincé, poussé son râle de rocaille.

 

A demi nue, indécente à souhait, j’ai couru ouvrir à la factrice,

Une jolie plante aux cheveux noirs, à l’accent de par ici,

Dessinée d’un sourire de plénitude.

« Je viens maintenant, vous êtes généralement là. »

Nous aussi, nous cherchons à savoir quand elle va passer,

Notre bel oiseau du samedi matin.

 

Elisabeth s’est dévêtue, a glissé dans sa robe d’été à col mao,

S’est observée devant nous et nous lui avons retourné d’elle-même qu’elle est très belle.

Je sais que sous cette robe brune aux boutons de nacre blanche elle est encore couverte des mucosités de notre nuit,

Dans cette robe ample qui se laisse facilement envahir.

Hier, j’étais en chemise blanche et en jean bleu, ta main sur mes reins, prise en flagrant délit d’abandon sexuel.

 

Je suis bien, nue dans tes mains de blonde fée.

 

//.La caresse de ton pied, sa plante nue,

Le vertige de tes courbes.

 

//.Après-midi de bricolage,

Manière symbolique de désengorger la longue liste de nos retards.

Demain, déjeuner familial entre femmes, après la messe de Pâques.

 

 

 

23.3.2008

 

//.Pas de messe pour moi et encore moins de repas de famille.

Une gastro-entérite inattendue m’a attrapée sur le coup des huit heures.

Depuis, je ne suis pas très bien…

 

 

 

25.3.2008

 

//.Je n’habite pas Oran, et pourtant, si je ne suis pas pestiférée, je n’en demeure pas moins en quarantaine.

Encore un jour, parait-il…

Ça ressemble de plus en plus au jeu érotique du manque de ton corps.

 

//.Après presque quarante heures de sommeil sans discontinu,

Je suis certaine d’avoir, aussi, récupéré d’une fatigue accumulée.

 

A observer les filles et Elisabeth, occupées à mille choses qui font leur vie,

Je constate, qu’au quotidien, je les comprends à travers le prisme de ma propre existence.

Elles ont un rythme différent du mien, une autre manière de s’organiser.

Alitée, elles me semblaient autres, loin de mes interférences.

 

//.La vie retrouve son lit de tourbillons, de courants contraires et porteurs.

Le mal se dissipe rapidement, avec l’aide d’une affection beaucoup plus forte.

 

//.Une impression forte qui nous a mises toutes les deux un instant dans l’embarras puis amusées,

Lorsqu’elle m’a prise par la taille sans y prendre garde et s’est soudain rendue compte

Que nous étions trop intimes pour le lui reprocher mais que ce genre de proximité ne lui était pas permis.

J’aime trop mon halo de liberté pour que n’importe qui le pénètre.

 

 

 

26.3.2008

 

//.Ma quarantaine a cessé vers trois heures, cette nuit, lorsqu’une ombre blanche a murmuré dans la nuit « J’ai froid ».

C’était Elisabeth, dans sa robe de chambre de velours, dans son pyjama le plus chaud, dans ses chaussettes de laine duveteuse.

 

A cinq heures, elle dormait au milieu du lit, étendue comme une reine, à respirer doucement vers le ciel, la tête sur trois coussins.

 

//.6 milliards, 7, 8, 10 ou bien plus,

Une chose est certaine,

De tous les cons qui m’entourent,

Je préfère le seul qui pue ton bonheur dans mes narines.

 

//.La nuit, quand je me promène dans tes catacombes originelles, seule dans leurs dédales souterrains, à la lumière vacillante d’une chandelle de raison balancée par les vents de mon désir, mes doigts effleurent tes parois humides où suinte ton plaisir goûteux sur le salpêtre léger de notre amour de femmes, avec l’impression forte que les cadavres de nos petites morts en cristal scintillant surgiront, un bassin redressé par ici, une échine projetée par là, ou, encore, simplement, des tarses sur mes jambes et tes phalanges dans mes cheveux huilés.

 

 

 

27.3.2008

 

//.Rentrée tard et aussitôt dans ma robe de chambre,

Faite d’une journée de sexualité tranquille et de pâtes au beurre avec de la volaille en saucisse,

Je vais retrouver le bonheur incarné.

 

//.Nous faisons souvent l’amour les pieds glacés car l’une n’est pas plus courageuse que l’autre pour réchauffer l’autre.

 

 

 

28.3.2008

 

//.Je suis fondante dans la toile de mon araignée,

Une petite mouche qui se régale.

 

//.Je suis amoureuse,

Follement idiote, les yeux étirés par les lèvres.

 

J’aime ma vie,

Ses heures perdues dans les alcôves de ta beauté.

 

J’aime nos promenades bras dessus bras dessous en ville pour quelques courses,

Vagabondages où nous parlons de notre semaine, de ce jour,

De nous, de tout,

De nos odeurs, de nos mœurs,

De notre nuit,

Tard, tôt,

Quand nous boirons du Schweppes à la bouteille.

 

 

 

29.3.2008

 

//.Je ne suis plus une mère, plus une enfant, même plus vivante,

Juste inquiète pour mon Anaïs

Si prête à partir accoucher que j’en ai la migraine tous les matins,

Lui téléphone trois fois par jour,

Et encore, je me retiens.

 

Ma fille a calé sa vie avec un meuble de femme assise

Contre lequel elle appuie son jeune âge,

Son détachement familial,

Ses seins de lait et son utérus,

Son vagin et ses lèvres,

Les yeux de son père.

 

//.Le ciel est un parterre de lumière où les oiseaux picorent les insectes.

 

//.Avec Elisabeth, nous sommes comme des jeunes filles,

Un peu inquiètes et très excitées de bientôt plonger dans notre autre vie de femme

En héritant d’une petite-fille qui a déjà le prénom de florence.

Une idée d’Anaïs.

Il y a deux florence SIS dans la famille,

Celle qui donne des coups de pied à sa mère

Et celle qui les sent, ses mains posées sur le ventre de sa fille.

 

Maman m’envahit de coups de téléphone à toute heure, plutôt du jour.

Je n’entrerai pas dans les détails de notre relation.

 

//.Elisabeth m’a acheté des cachets à base de plantes issues de la culture biologique pour calmer mon stress qui ont un goût de foin.

Nous avalons également, chaque matin, notre gélule chargée d’oméga 3 qui a un goût de poisson.

En ce moment, le petit-déjeuner ressemble à du camping sauvage.

 

//.J’aime mes mains et mes alliances,

Mes veines qui déforment mes doigts,

Qui viennent remonter la longue fermeture Eclair dans ton dos.

 

//.Nous avons une passion pour nos seins

Qui n’a rien de secrète puisque nous les exhibons volontiers.

 

 

 

30.3.2008

 

//.La Garonne lèche les pelouses de ses eaux huilées par les lumières de la ville.

 

//.Je me sens déjà grand-mère, grand-mère de ce foetus qui est florence SIS,

Qui n’est pas encore né,

Est destiné à devenir une fille, le 8 avril 2008.

 

//.Nos corps se trouvent très bien, très facilement,

Et pourtant, il n’est plus question de sexe.

 

Notre libido retient son souffle,

Le cœur en flamme et nos pensées en ébullition.

 

 

 

31.3.2008

 

//.Les augures sont favorables dans les reflets de la Garonne.

 

 

 

                                                                             °0°

 

 

 

 

 

 

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